Résumé du film Au pays du sang et du mielAlors que la guerre fait rage en Bosnie, Danijel et Ajla se retrouvent dans des camps opposés malgré ce qu’ils ont vécu. Danijel est un soldat serbe et Ajla une prisonnière bosniaque retenue dans le camp qu’il surveille. Pourtant, avant le conflit, l’un et l’autre partageaient d’autres sentiments. C’était une autre vie, avant la barbarie, avant que cet affrontement ethnique violent ne prenne leur futur en otage. À nouveau face à face dans cet épouvantable contexte, leur relation devient complexe, ambiguë, incertaine. La guerre a miné leur lien.
Voici leur histoire, bouleversante, écrasée par l’effroyable poids qu’une guerre fait peser sur des gens simples qu’aucun pouvoir politique ne semble vouloir sauver. Séances : Au pays du sang et du mielCe film est projeté dans 4 salles en France 2 vidéos : Au pays du sang et du mielGalerie Photos : Au pays du sang et du mielLes avis sur le film Au pays du sang et du miel
Entretien avec Angelina Jolie, scénariste, réalisatrice et productricePour votre premier film comme scénariste et réalisatrice, vous avez choisi de parler de la guerre. Est-ce lié au travail que vous accomplissez avec l’ONU en tant qu’Ambassadrice de bonne volonté du Haut Commissariat pour les Réfugiés ?
Certainement, même si au départ, ce n’était pas délibéré – vous n’êtes pas forcément conscient d’évoluer au moment où vous êtes en train de le faire. J’ai commencé à voyager il y a plusieurs années, je me suis rendue dans différents pays, et j’ai éprouvé des émotions violentes. J’ai changé, en tant que personne et en tant que mère. J’ai traversé une période de révolte, de colère, j’ai essayé de comprendre ce qui se passait et comment je pouvais me battre contre tout cela. Puis j’ai commencé à étudier les lois, l’aspect juridique, et cela a encore représenté une nouvelle étape. Tout cela a donc été une longue évolution pour moi. Je ne m’attendais pas à faire un film, mais un jour je me suis dit que j’avais écrit des carnets de voyage, et que, puisque mon domaine, c’était le cinéma, je pourrais peut-être écrire un projet sur lequel je méditerais, j’étudierais ce qui arrive aux êtres humains qui sont confrontés à la guerre, pour pouvoir mieux comprendre les gens qui se trouvent dans des situations d’après-guerre. Un projet qui, à titre privé, me permettrait peut-être de mieux savoir comment les aider. Je me suis donné pour mission d’apprendre des choses sur ce conflit dont je ne savais rien. Je me suis mise à regarder des documentaires, à lire des livres, à faire des recherches sur le sujet, à regarder des reportages d’actualités, j’ai visité la région et j’ai passé du temps avec les gens. Je ne pense pas qu’au départ, j’aie eu pour objectif de faire un film, je voulais simplement savoir, apprendre. Et puis à un moment, cela a commencé à prendre forme. Critiques : Au pays du sang et du miel -
Figaroscope

" Au Pays Du Sang Et Du Miel, dont [Angelina Jolie] est également la scénariste et la productrice, est un cri de révolte contre la violence faite aux femmes et le principe de non-intervention de la communauté internationale. La dame a du souffle."
Emmanuèle Frois (article entier disponible dans Figaroscope du 22/02/2012)
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Le Figaro

" Il y a sans doute beaucoup de violence dans les images, mais ce réalisme sert le propos de la réalisatrice qui montre sans détour la sauvagerie humaine."
Jean-Luc Wachthausen (article entier disponible dans Le Figaro du 22/02/2012)
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Studio Ciné Live

" On regrettera peut-être une réalisation trop soignée, malgré quelques idées audacieuses. Mais on sent que la réalisatrice a aussi voulu donner une leçon d'histoire en rappelant régulièrement (par le biais d'une radio) les dégâts de la guerre. "
So. B. (article entier disponible dans Studio Ciné Live n°35, page 36)
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Positif

" (...) même si la démonstration est parfois un peu insistante, on reste profondément marqué par la sincérité du propos. "
J.A.G. (article entier disponible dans Positif n°614, page 37)
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Le Point

" Les médisants y dénonceront un passeport humanitaire, on y a vu une implication plus personnelle, où la Mère Teresa fait un clin d'oeil à la "bad girl". "
François-Guillaume Lorrain (article entier disponible dans Le Point n°2057, page 150)
Caractéristiques du DVDBonus :
- Making of
- Bande-annonces Notes de Tournage...23 Septembre 2010 - Angelina Jolie a choisi l'héroïne de sa première réalisation
Angelina Jolie s'est attachée les services de l'actrice bosniaque Zana Marjanovic, vue dans le drame Premières Neiges d'Aida Begic, Grand Prix de la Semaine de la critique 2008, annonce le site Dalje.com. Notes de productionSi Angelina Jolie a décidé de passer à la réalisation, ce n’est ni par caprice, ni pour s’imposer un peu plus dans un univers dont elle est déjà une icône. Elle a choisi d’écrire, de mettre en scène et de produire ce film par conviction, au nom de la dignité de l’humanité, pour dire le meilleur des hommes face au pire d’eux-mêmes. Comment un couple qui s’aime va-t-il traverser le conflit qui opposa Serbes, Bosniaques et Croates dans la région des Balkans de 1992 à 1995 ? Comment un sentiment, une nature humaine, peut-elle résister lorsqu’une région bascule dans le chaos et s’embrase, passant d’une douceur de vivre aux massacres ? À travers ce conflit emblématique, primaire, agressif, c’est toute la condition humaine qu’ Angelina Jolie redessine. Un contexte explosifAprès la Seconde Guerre mondiale et durant cinquante ans, la République de Bosnie-Herzégovine était une partie de la Yougoslavie, avec la Serbie, la Croatie, le Monténégro, la Slovénie, la Macédoine et les provinces serbes semi-autonomes du Kosovo et de Voïvodine. Avec une population de quatre millions d’habitants, la Bosnie était devenue l’un des pays d’Europe abritant le plus d’ethnies, de religions et de pratiques culturelles. Les Musulmans (terme qui désigne ici une nationalité de slaves du sud de tradition musulmane – depuis les accords de Dayton, les Bosniens musulmans ont demandé la reconnaissance de leur peuple sous la dénomination « Bosniaques ») formaient la plus large part de la population, suivis des Serbes, des Croates et d’autres groupes. Tous parlaient la même langue et les mariages mixtes étaient fréquents. En 1980, la mort du leader de la Yougoslavie communiste, le maréchal Josip Broz, dit « Tito », a entraîné une résurgence des tensions existant entre les différentes républiques mais aussi à l’intérieur de chacune. Les problèmes économiques croissants en Yougoslavie ont alors favorisé l’arrivée de leaders nationalistes au pouvoir, comme Franjo Tudjman en Croatie et Slobodan Milosevic en Serbie. Ce dernier s’est attaché à renforcer le contrôle serbe sur le gouvernement yougoslave et sur l’armée, avant d’aliéner les autres républiques. Suite à la chute des régimes communistes partout en Europe de l’Est, la Croatie, la Slovénie, laMacédoine et la Bosnie-Herzégovine ont déclaré leur indépendance vis-à-vis de la Yougoslavie. Face au destinDès le moment où elle a initié le projet, Angelina Jolie a été consciente de l’esprit de respect et de délicatesse avec lequel il devait être mené à bien. Elle raconte : « Je me suis adressée à des gens appartenant à différents gouvernements, à des personnes de la communauté internationale, aux Nations Unies et aux journalistes qui ont couvert la guerre. Mais le plus important était d’avoir l’avis des habitants de cette région, de ceux qui ont vraiment vécu la guerre. Les observateurs internationaux possèdent des points de vue passionnants mais ma volonté était de ne pas trahir le vécu de ceux qui se trouvaient sur le terrain et dont les familles ont été touchées, blessées ou expatriées. Pour moi, leur opinion était capitale. » Après l’écriture, Angelina Jolie s’est attachée à réunir les meilleurs acteurs pour l’histoire. La réalisatrice reprend : « Nous avons demandé à la directrice de casting de questionner les acteurs sur leur vécu et les épreuves qu’ils ont traversées. Enfant de la guerreChaque acteur du film a été de près ou de loin affecté par la guerre de Bosnie. Chacun a enrichi le film de son histoire et de son expérience personnelle. Zana Marjanović raconte la sienne : « Je suis née à Sarajevo et je n’avais que huit ans au moment du conflit. Mon père a préféré rester à Sarajevo. La guerre est arrivée par surprise et personne ne pensait qu’elle durerait aussi longtemps, ce qui explique en partie pourquoi ma mère nous a emmenés en Slovénie. Beaucoup de Musulmans ont émigré de Bosnie. Chaque jour, ma mère pensait que la guerre finirait le lendemain et depuis ce pays proche, nous attendions impatiemment de pouvoir rentrer chez nous. » Au plus près de la viePour sa première mise en scène, Angelina Jolie a souhaité s’entourer de gens de valeur aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan humain. Elle explique : « Il fallait cela pour traiter un sujet pareil. Je voulais des gens avec beaucoup de cœur et qui souhaitaient faire le film pour de bonnes raisons. » Pour Angelina Jolie, la première étape consistait à trouver un producteur afin de développer son projet au plus près de ses aspirations. Ce fut Graham King. Elle raconte : « Je ne pense pas que quiconque aurait été intéressé à part Graham. C’est un sujet qui n’a rien de commercial. Financièrement, ce n’est pas le genre de projet hyper lucratif pour un producteur. J’ai choisi Graham parce que j’avais déjà travaillé avec lui. Il est très direct, il a les pieds sur terre et je savais qu’il me parlerait franchement. Si nous avions à débattre d’un sujet, nous pouvions trouver une solution ensemble. Nul besoin de trente responsables à convaincre. » Le tournage et l'univers du filmLe tournage s’est déroulé à Budapest, en Hongrie. La réalisatrice raconte : « Nous voulions tourner à Sarajevo mais la ville ne ressemble plus à ce qu’elle était à l’époque. D’ailleurs, c’est le cas dans toute la Bosnie, à l’exception de quelques immeubles abîmés çà et là. Le pays a – heureusement – été remis sur pied. Budapest nous offrait de nombreux espaces libres. Son architecture et son paysage étaient très similaires. Au moment où nous tournions notre film, un studio de cinéma ouvrait ses portes. C’était un endroit idéal pour filmer. Mais il était important d’inclure des séquences réellement tournées en Bosnie. Nous avons donc effectué quelques prises de vues là-bas, notamment des plans larges que nous avons utilisés pour lascène d’ouverture du film. Nous voulions montrer la véritable beauté de ce pays, son relief, ses paysages particuliers. » Aller au-delà des blessures du passéAu Pays Du Sang Et Du Miel est un film qui réunit des Serbes, des Serbes de Bosnie, des Musulmans de Bosnie, et des Serbes de Croatie. Tous ont travaillé ensemble dans un esprit de fraternité et d’amitié. Quel meilleur pied de nez à la guerre, aux querelles et aux divisions ethnico-religieuses ? Angelina Jolie se souvient : « La première scène que nous avons tournée était l’une des plus difficiles et des plus intenses du film. Les femmes sont sorties du bus et enfermées dans l’école. C’était aussi la première fois que les acteurs partageaient une scène. Personne ne se connaissait. Les soldats étaient majoritairement joués par des Serbes et des Serbes de Bosnie. La plupart des actrices étaient bosniennes. Les femmes ne connaissaient pas les hommes qui leur arrachaient leurs bijoux et leurs vêtements. Ensuite, nous sommes passés à la scène du viol. Émotionnellement très lourde à tourner, elle pouvait déclencher deux choses : soit cela nous mettait tous mal à l’aise et le tournage partait sur de mauvais rails, soit cela obligeait tout le monde à se serrer les coudes et à se concentrer sur le sujet du film. La scène nous a soudés. Tout le monde s’est rapproché car nous savions que, si nous passions cette épreuve, nous pourrions tout affronter. Après la pause déjeuner, j’ai vu deux femmes s’étreindre. La première fois que j’ai dit « Coupez ! », l’homme qui jouait le violeur a remarquablement pris soin de sa partenaire pour s’assurer qu’elle allait bien. Tousceux qui avaient pris les bijoux et les manteaux les ont immédiatement ramassés et rendus aux femmes. C’est ainsi que tout a commencé. Ce matin-là, nous demandions à des gens provenant de camps opposés de s’unir et de travailler ensemble. Et ils l’ont fait. C’était incroyable. » |
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