Alors qu'il nous explique comment gagner deux fois au loto dans son dernier film QUI PERD GAGNE, Laurent Bénéguy revient ici AU PETIT MARGUERY, le restaurant de ses parents, le lieu où sont cachés ses souvenirs, ses secrets. Tiré du roman éponyme qu'il écrit en 1993, le film, sortie en 1995, est une comédie de moeurs sucrée salée, subtil mélange d'amitié, d'art culinaire et d'amour fraternel, et une pincée d'hommage à ses parents.
"L'autobiographie est de plus en plus présente… Le film est entré dans ma vie et celle de mes parents. Certaines choses ne se sont pas passées comme décrites dans le film… Pourtant on commence parfois à en douter ! Car le temps contribue à installer ça dans la vraie vie…" Tranquillement assis à une table du fameux restaurant, Laurent Bénéguy revient dans l'interview un peu sur le tournage, un peu sur le casting, qui
"comme le bon vin prend de la valeur avec le temps", et surtout sur le passage du livre à la pellicule, se livrant à cœur ouvert sur les répercutions dans sa vie privée et celle de son entourage. Touchant, centré sur l'homme et non sur l'œuvre, le reportage permet de mieux cerner la personnalité du cinéaste. Dommage qu'il n'y ait pas, en plus, un supplément sur le film lui-même. Le petit bonus, un court métrage de Laurent Bénéguy, "Mireille et Barnabé aimerait bien en avoir un", qui malgré son âge n'a pas subi les outrages du temps. Restant dans le thème de l'amitié profonde et la volonté (le besoin) d'avoir une descendance, le réalisateur nous livre là encore une œuvre tendre et personnelle. Et pour les amoureux de la grande cuisine, la recette de la "mousse de truite au coulis d'écrevisse", le plat servant de fil rouge au film - qui figurait d'ailleurs en bonne place sur le menu de Léopold Bénéguy. Côté film, les couleurs sont très bien rendues, le contraste impeccable et la bande sonore bien équilibrée. Très personnel, le DVD du PETIT MARGUERY permet donc une vision parfaite du film. De quoi se mettre à table à côté de ce petit groupe d'amis pas comme les autres… On en redemande.
Aurélie Maulard