Un film d'
Amalia Escriva, avec
Jeanne Balibar,
Bruno Todeschini,
Dominique Reymond et
Dominique Blanc
SYNOPSIS
Dans l'Algérie du début du XXe siècle, juste après le procès des insurgés d'un village ayant causé la mort de sept Européens, Eugenia, une femme de trente ans d'origine espagnole, se suicide malgré la passion amoureuse qu'elle éprouve envers son mari, l'avocat français de ces insurgés…
L’AVIS DE LA REDACTION :
Amalia Escriva signe là son premier long métrage d’après une histoire vraie et personnelle, celle de son arrière-grand-mère.
AVEC TOUT MON AMOUR parle surtout de femmes enfermées dans leur maison et leur vie, qui tentent d’exister malgré le mal-être, la souffrance qui les habitent.
L’originalité du film est d’avoir raconté cette histoire à rebours.
En effet, le film débute par une tragédie et finit par le dévoilement d’un secret qui est la raison profonde de la mort d’Eugénia. Cette structure globale à l’envers crée un certain suspense.
Mais on ne peut pas dire que vous serez en alerte, le rythme du film est lent, un peu trop parfois. Ne soyez pas fatigué ce jour-là !
La musique ajoute un côté angoissant, peu nécessaire aux panoramiques du film. De très beaux paysages se succèdent et donnent à voir une Algérie magnifique, si sauvage.
Autre point à souligner, le décor et les costumes sont très représentatifs de l’époque et de l’atmosphère intimiste, discrète qui règne dans cette maison.
Sur le jeu des actrices, je reste très partagée.
Dominique Blanc (Adèle) est toujours aussi précise et juste.
Dominique Reymond (Dolorès) reste étonnante par son jeu subtil et délicat. Quant à
Jeanne Balibar (Eugénia), elle manque de conviction surtout dans la scène où elle affirme à sa mère qu’elle épousera Jean Corveler.
AVEC TOUT MON AMOUR s’adresse plus à un public cinéphile par sa particularité qui ne peut plaire à tout le monde.
Clémence Grouillé
ENTRETIEN AVEC Amalia Escriva
Quelle est l'origine de ce scénario ?
Je prote le prénom de mon arrière-grand-mère : Amalia Vilumbralès – Escriva, née en Algérie en 1874, de parents Espagnols. Elle s'est suicidée, à 37 ans, pour des raisons obscures, laissant derrière elle deux enfants, dont mon grand-père. Pendant longtemps, j'ai eu le sentiment de vivre avec son fantôme sur les épaules. En famille, on ne parlait pas d'elle ou très peu, mais mon grand-père a dormi avec son portrait photographique grandeur nature accroché au-dessus de son lit jusqu'à sa propre mort. A ce moment-là seulement, on a appris son incroyable secret. C'est aussi le secret du film. Lorsque j'ai éprouvé le besoin de tourner une fiction, après avoir réalisé principalement des documentaires, l'histoire de mon arrière-grand-mère s'est imposée. Les fantômes existent, ils sont dans la tête des gens…
Et puis, il y a l'Algérie. Pour une enfant de "Pieds-Noirs" dont la famille durant cinq générations a vécu dans ce pays, c'est un héritage complexe et difficile à assumer. AVEC TOUT MON AMOUR consiste aussi à fabriquer un objet vivant avec ces histoires tragiques croisées, de mort, de guerre, de souffrance qui ont endeuillés mon enfance.
FICHE ARTISTIQUE :
Jeanne Balibar : Eugénia
Bruno Todeschini : Jean Corveler
Dominique Blanc : Adèle
Dominique Reymond : Dolorès
Montserrat Salvador : Dona Isabel
Jordi Dauder : Don Miguel
Lucia Sanchez : Teresa
L’AVIS DE LA PRESSE :
CinéLive:
"Un film en demi-teinte aux partis pris affirmés, que la nostalgie fige parfois mais qui réserve de beaux instants"
(article entier disponible dans Cinélive n°52, page 46)
Studio :
"Le film est bien trop poseur, bien trop académique pour convaincre"
(article entier disponible dans Studio Magasine n°173, page 42)
Première :
"Pour son premier film, Amalia Escriva se risque à la destructuration tous azimuts, sous le haut patronage de Marguerite Duras et Alain Resnais. "
(article entier disponible dans
Première) n°297, page 56)
Télérama :
" Manque, hélas, la seule chose qui ne dépende pas seulement des intentions : l'incarnation, le souffle, la vie. "
(article entier disponible sur le site de
Télérama)