Selon une des innombrables étymologies possibles, Bagheria trouverait son origine dans Bab el gherid qui, en arabe, signifierait « la porte du vent ». Mais depuis des temps immémoriaux, nous l’avons toujours appelée
Baaria.
Située dans la province de Palerme,
Baaria est la ville où j’ai vu le jour et où j’ai vécu jusqu’à l’âge de vingt- huit ans. J’étais donc déjà trop âgé selon le Prince Don Fabrizio Salina, dans Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, qui prétend que les jeunes hommes doivent quitter la Sicile avant d’atteindre leur dix-septième année s’ils veulent se prémunir d’assimiler dans leur caractère les maux typiques de cette terre. J’ai donc eu à loisir de bien m’en imprégner : en premier lieu, celui de croire que l’endroit où l’on est né est le centre du monde, qu’il le constitue dans son intégralité et, par la suite, celui, tout aussi critique, de se réfugier dans ses souvenirs dès lors que l’on réalise que le monde a en fait toujours existé ailleurs et sans vous.