Cinéaste culte mais très controversé,
Kim Ki-duk (THE COST GUARD, SAMARIA, L'ÎLE, ADRESSE INCONNUE, LOCATAIRES) réalise BAD GUY en 2001. Malgré son sujet sordide, le film est un vrai succès commercial en Corée, imposant
Kim Ki-duk comme un cinéaste incontournable du cinéma du “Pays du Matin Calme”. Avec BAD GUY,
Kim Ki-duk poursuit son exploration de l'âme humaine et des conséquences extrêmes d'un manque - ou d'un trop plein - d'amour, sujet qui traverse quasiment toute sa filmographie. L'univers de BAD GUY est divisé en deux. Film dur, parfois sadique et traversé par des scènes d'une beauté visuelle enivrante, BAD GUY éblouit par la parfaite maîtrise de sa mise en scène, riche en symbolisme, telle l'utilisation du miroir sans teint derrière lequel se réfugie Han Gi, image du voyeur directement envoyée au spectateur, voyeur volontaire lui aussi. Fable moderne désabusée ou conte cruel d'une humanité en déroute, BAD GUY est avant tout une histoire d'amour, indécente et perverse, mais d'amour quand même.
Jean-Pierre Dionnet : “Curieusement et jusqu'à récemment, à la manière de
Takeshi Kitano au Japon,
Kim Ki-duk n'avait aucun succès en Corée. Mais ces films audacieux, successivement primés dans tous les grands festivals européens, se sont imposés au public coréen qui a fait un succès à ses derniers films. Avec
Im Kwon-taek et
Hong Sang-soo, il est l'autre grand auteur du cinéma coréen actuel.”