Un film de
Tom Dicillo, avec
Elizabeth Hurley,
Steve Buscemi et
Denis Leary
Tom Dicillo (
Ca Tourne A Manhattan) nous livre une vision du pouvoir abusif des médias, à travers l'héroïsation d'un adolescent voleur, à la place d'un flic.
Sélection officielle au
27e Festival Du Cinema Americain De Deauville
SYNOPSIS :
L’Amérique a des jours avec, où ses héros sauvent le monde.
L’Amérique ades jours sans, où ses héros ont mal au dos.
Pour Ray Pluto, détective new-yorkais, ses jours sont aussi noirs que ses nuits. La poisse, le manque de pot, l’absurde, le grotesque, le surréalisme, vont tour à tour être ses meilleurs amis.
Des apprentis scénaristes en mal d’inspiration, une gamine rebelle du Bronx, des tatoueurs un peu tueurs, une chiropraticienne au sens aiguë du contact, sont les personnages de cette comédie satirique où
Tom Dicillo peut comme à son habitude exercer son regard acerbe, lucide, tendre et ironique sur le petit monde de New York et.. de l’Amérique.
L’AVIS DE LA REDACTION :
Confirmant son intérêt pour la faune new yorkaise, Dicillo s’est ici vainement essayé à l’expérience du policier satirique à suspense. La trame policière est d’emblée vouée à l’échec en l’absence de toute tension et de rythme.
BAD LUCK repose sur des ressorts humoristiques éculés. Très inspiré des exercices de style des films de Tarantino, auxquels il emprunte une mise en scène appuyée où abondent des images chocs, il peine cependant à atteindre l’humour noir corrosif et n’en constitue qu’un décalque manqué. Les personnages sont englués dans une sorte de jeu mécanique très prévisible que des dialogues inégaux et souvent paresseux ne parviennent pas à dissimuler.
Dicillo effleure la réflexion sociale à travers le regard qu’il jette sur les mises en scène spectaculaires des médias, la fascination malsaine du public pour le sordide, la violence comme spectacle quotidien auquel chacun assiste voire participe avec une froideur déconcertante et la quête désespérée d’un héros qui obnubilerait tout américain. Mais l’ironie distanciée à laquelle il fait appel manque d’efficacité.
De laborieuses digressions verbales viennent évoquer le racisme et contribuent à alourdir un récit qui s’égare. Le choix d’un antihéros " border line " contre lequel le sort s’acharne, comme protagoniste, ainsi que la bande sonore très soignée, semblent surtout commandés par la volonté de réunir les ingrédients d’un film " typiquement indépendant " américain, et ne suffisent pas à faire le contrepoids des faiblesses du scénario. Le film hésite entre le burlesque noir, la farce sociale désabusée, une diatribe contre une certaine représentation de la violence, sans jamais atteindre pleinement le but recherché. Amateurs de polars ou de comédies policières " tarantinesques " s’abstenir !
Mavo RANAIVO
LE DVD :
Image : 16/9 compatible 4/3 – Format 1.85
Son : Dolby Digital 5.1 et DTS Anglais et Français
Sous-titres : Français.
Bonus : Version commentée du réalisateur sous-titrée français
NOTES :
" Ce film était aussi pour moi l’occasion de changer de cap, de raconter une aventure policière, bâtie du début à la fin sur des conflits, des tensions et du suspense. J’ai revu certains des films qui m’ont le plus marqué, comme QUAND LA VILLE DORT de John Huston, magnifiquement conçu pour vous happer de la première à la dernière minute. Pendant l’élaboration de mon projet, j’ai gardé en mémoire cette référence, en espérant ne pas en être indigne. "
BAD LUCK est la quatrième production de la société Apostle Pictures, que
Denis Leary fonda en 1996, et à laquelle on doit déjà
Love Walke In,
Monument Ave et
Blow.
FICHE ARTISTIQUE :
Denis Leary : Ray Pluto
Maurice G. Smith : Boover
Elizabeth Hurley : Dr. Ann Beamer
Steve Buscemi : Jerry Cubbins
Luis Guzmán : Juan Benitez
Victor Argo : Lt. Spigot
Chris Noth : Chick Dimitri
Keith Nobbs : Duke
Donald Adeosun Faison : Cletis
Melanie Díaz : Maribel Benitez