En 1983, je travaillais dans une galerie d’art à Los Angeles tout en étudiant le cinéma au Los Angeles City College. À cette époque, Jean-Michel Basquiat, jeune peintre, était à L.A. pour sa première exposition à la Galerie Larry Gagosian. Il vint rendre visite à un ami avec qui je travaillais. Notre amour du cinéma nous a tout de suite réunis. J’ai alors commencé à le filmer en train de peindre pour l’exposition à venir. Puis, lors de ses passages à Los Angeles, je le filmais dès que j’en avais l’occasion, quand bien même nous ne faisions que traîner ensemble. Enfin en 1985, alors qu’il avait 25 ans et beaucoup de succès, j’ai réalisé un entretien très long avec lui. Notre amie commune, Becky Johnston, posait les questions. Un peu moins de deux ans plus tard, il disparaissait. J’ai alors repris tous mes rushes et les ai remisés au placard. Je savais que Jean-Michel avait été furieux d’apprendre que certains de ses amis avaient revendu les toiles qu’il leur avait offertes. Je ne voulais pas qu’il pense, même après sa mort, que j’étais de ces personnes qui tireraient profit de son travail.