Le dernier film en compétition (
Tatarak) est présenté aujourd’hui même au Berlinale Palast où trônent désormais les portraits de tous les protagonistes de cette 59e édition. Hier, les festivaliers ont pu découvrir un rajout de dernière minute (annoncé quelques jours avant le début du festival seulement),
My One And Only. Cette comédie façon road-movie raconte la jeunesse de l’acteur
George Hamilton (
Le Parrain 3), avec
Renée Zellweger dans le rôle de la mère cherchant à tout prix à se caser avec un homme riche. Un parcours initiatique bien fade qui ne fait que se pencher sur le visage figé par le botox de l'actrice, qui passerait presque pour
Jenna Elfman.
En compétition toujours, le public s'est trouvé un nouveau chouchou avec
La Teta Asustada, long-métrage péruvien brillamment filmé et au sujet grave : une jeune femme subit les conséquences du viol de sa mère qui lui aurait transmis sa peur par le lait maternel... Une belle réussite pour le second film de la jeune réalisatrice
Claudia Llosa (32 ans).
Dans la foulée, le difficile
La Poussière Du Temps de
Theo Angelopoulos (hors-compétition) a pointé le bout de son nez. Difficile parce que mes deux voisins ont tout simplement rattrapé leur nuit de sommeil et que les journalistes faisaient la queue pour quitter la salle. Les plus téméraires auront tout de même eu le droit à une fin sublime qui n’efface malheureusement pas l’épreuve des deux heures précédentes. Heureusement, le grand
Michel Piccoli était là pour nous tenir en haleine !
N’oublions pas pour autant la grande rétrospective de cette année consacrée aux films tournés en 70 mm, format qui se fait rare et qui a connu son heure de gloire avec l’âge d’or mégalo d'Hollywood. Etaient projetés au public
West Side Story,
2001, L'Odyssée De L'Espace,
Lawrence D'Arabie ou encore le gigantesque
Ben-hur dont la course de char atteint une toute autre dimension grâce à cette copie dénichée au fin fond de l’Australie. Epoustouflant !
Autre grande sensation, la présentation du docu musical
Soul Power. Un film de la trempe de
Woodstock (en moins long) et qui suit de près le festival organisé au Zaïre en 1974, juste avant le mythique combat de boxe Ali-Foreman. Les têtes de listes :
James Brown, Bill Withers, ou B.B. King dans des performances incroyables. On en a des frissons et l’assemblée applaudit à chaque chanson. Du grand art !
Voilà ce qu’on appelle un festival diversifié ! Mais l’heure a déjà sonné pour la Berlinale. C’est effectivement demain que le jury présidé par miss Swinton rendra son verdict. L’heure est donc aux pronostics. Et plutôt que d’essayer de lire dans les pensées du jury tout-puissant, voici plutôt notre palmarès à nous :
Ours d’or du meilleur film :
The Messenger d’
Oren Moverman
Ours d’argent, Grand Prix du jury :
Darbareye Elly de
Asghar Farhadi
Ours d’argent du meilleur réalisateur :
Claudia Llosa (
La Teta Asustada)
Ours d’argent du meilleur acteur :
Horacio Camandule (
Gigante)
Ours d’argent de la meilleure actrice :
Brenda Blethyn (
London River)
Ours d’argent du meilleur scénario :
Sally Potter (
Rage)
=> Toutes les infos sur 59ème Festival international du film de Berlin 2009
Stéphane Canot (
Berlin, le 13 Février 2009)