Beur, Blanc, Rouge fait écho à la célèbre France « Black, Blanc, Beur », expression apparue en 1998 après la finale de la Coupe du Monde de Football. Lors de cet événement, la France et le Monde avaient pu découvrir une équipe nationale multiculturelle, preuve vivante et flagrante de l’intégration « réussie » des populations immigrées. Huit ans et quelques séries d’émeutes plus tard, force est de constater que cette France « tricolore » est loin d’être une réalité.
Six mois après les événements qui ont secoué les grandes agglomérations hexagonales, le film de
Mahmoud Zemmouri affiche donc un postulat de départ des plus ambitieux : soulever, sur un ton léger, la question de « l’identité française » des populations issues de l’immigration. Avec ce sujet brûlant et passionnant – Comment trouver sa place quand vos concitoyens français vous traitent de « Beur » et vos compatriotes algériens de « d’étranger français » ? – on attendait de
Beur, Blanc, Rouge une critique acérée.
Mais, alors que le réalisateur se réclame de la dénonciation des disparités sociales liées aux clivages communautaires, le film n’est qu’une enfilade de clichés sur les différentes populations, « terroir français» comme immigrés. On assiste à une succession de scènes et de dialogues complètement stéréotypés et servis par des personnages caricaturaux à l’extrême : du flic raciste à la mère algérienne prête à tout pour profiter de l’Etat. La palme revenant à
Yasmine Belmadi, tout simplement antipathique.
Beur, Blanc, Rouge s’annonçait critique, c’est finalement ridicule et agaçant. D’autant qu’on se passerait volontiers de phrases du style « Si vous tombez malade je m’en fous, ‘y a la Carte Vitale ! ». Sans commentaire…
Eléonore Guerra