Troisième long-métrage de l’ex-leader de Trust,
Bernie Bonvoisin,
Blanche se propose d’allier la cape et l’épée à des dialogues chiadés savoureusement argotiques… Le dit film présente ainsi pour principale qualité de revisiter le texte d’époque à travers un phrasé "audiaresque". Vous comprendrez alors l’importance d’un traitement audio de qualité (ce qui n’est pas toujours le cas en salle), et à cet effet un passage au DVD tout aussi soigné.
Disque 1 :
Fort de l’adjonction d’une piste DTS extrêmement puissante, le long-métrage peut prétendre dès lors à une seconde vie fleurissante. Dès l’ouverture, le ton est en effet donné : orage et pluie savamment restitués par les surrounds, bande originale rappelant certains scores tapageurs des westerns urbains de Carpenter, etc. Quelques fausses notes viennent cependant obscurcir le tableau, notamment dans la restitution de répliques déclamées dans des lieux à forte résonance.
Jean Rochefort se voit, à ce titre, le plus souvent pénalisé, notamment lors de son entretien avec
Marc Lavoine, leurs voix acquérant une tonalité légèrement métallique. La puissance de la configuration parfois mal maîtrisée a pour effet indésirable de provoquer un certain brouhaha dont le braquage de la diligence est l’illustration la plus probante. Rien de bien méchant cependant, le rendu audio reste tout de même plus qu’honorable. Hormis certains plans à contre-jour, la qualité d’image est bonne, en particulier lors des scènes de nuit éclairées à la bougie.
Le making of disponible sur ce premier disque n’est autre que le document promotionnel diffusé sur Canal + lors de la sortie en salle de BLANCHE. Ce supplément propose des images de tournages brutes. Sa principale qualité est de rendre aux techniciens ce qui leur appartient présentant chacun des artisans officiant sur la production (costumière, assistants, chef opérateur, etc.).
Disque 2 :
Le documentaire intitulé
"le film du film" s'étale sur le tournage. Nous offrant 1h10 d’images de plateau, il s’avère être, en réalité, la version longue du making of décrit ci-dessus. Quelque peu redondant donc !
"Le sens de la formule" nous présente la filmographie de Bonvoisin, sa biographie déroulante, ainsi que son interview très complète. Notre rockeur s’étend alors sur ses recherches en matière de littérature du XVIIème qu’il mixe à un phrasé actuel. Il développe également les thématiques d’un film qu’il résume en un melting-pot de genres détaché de toutes contraintes historiques. L’entretien s’achève enfin sur un bilan de tournage deux semaine après son démarrage.
Le bêtisier disponible sur le DVD manque parfois d’à propos, à l’image d’un plan filmant uniquement les réactions d’un
Jean Rochefort flegmatique alors que Carol Bouquet et
José Garcia souffrent d’un énorme fou rire hors champs. De nombreuses
scènes coupées figurent également au menu. Elles présentent pour principale qualité de restituer l’intégralité de la séquence, y compris celles appartenant au montage final, ce qui facilite amplement les repères du spectateur. Des interviews extraites du "film dans le film" sont associées à la filmographie de chacun des principaux acteurs ainsi qu’à leur galerie de photos individualisée et inanimée, le tout dans un souci de synthèse.
Un DVD complet aux bonus extrêmement structurés quoique parfois répétitifs. Les amateurs d’habiles tournures grivoises apprécieront sûrement l’anachronisme de textes portant à eux seuls une œuvre décousue. Amis de la poésie bonsoir !
Grégory Delavallée