On pouvait craindre que la réalisation de BLOW puisse échoir à un " yes man " du genre
Brett Ratner ou bien encore Jonathan Kaplan. Ce n’est pas le cas. C’est finalement
Ted Demme (réalisateur de
Life - un des pire Eddie Murphy- et de
Beautiful Girls) qui s’y colle. Choix idéal ? Pas si sûr....
En effet, sous l’impulsion de réalisateurs talentueux tels que
William Friedkin,
Martin Scorsese ou bien encore
Brian De Palma, BLOW auraient pris une tout autre dimension...
Pourtant, l’histoire véridique de Georges Jung (servie par un
Johnny Depp au sommet de sa forme) qui fut le premier à démocratiser la cocaïne sur le territoire américain (en liaison étroite avec " el padrino ", Pablo Escobar) était un sujet en or. À voir l’investissement de tous les acteurs (Depp, Liotta – méconnaissable - et
Paul Reubens, dont c’est le grand retour, en tête), on regrette que la réalisation ne soit pas à la hauteur.
C’est en voulant lutter avec un des plus beaux films sur le sujet, l’inévitable
Scarface de
Brian De Palma, que
Ted Demme semble tétanisé par l’enjeu et se fourvoie.
Car depuis, on n’a évidemment pas fait mieux.
En revanche, lorsque le réalisateur dissèque les relations de Depp et de sa famille (notamment envers son père et sa fille), on atteint là le cœur et l’âme du métrage.
Ce qui nous fait encore plus regretter que
Ted Demme ne parvienne pas à choisir son camp entre études de caractères et ambitions " de palmiennes ".
Ces quelques bobines de métrage sauvent quand même le film du désintéressement total notamment pour une scène finale absolument bouleversante.
Fabien Contino