BOMBON LE CHIEN s'inscrit dans la continuité de mon précédent film
Historias Minimas. J'ai en effet repris des personnages simples, traités de façon minimaliste et interprétés par des non-acteurs. Parler des personnages simples est sans doute une simplification en soi. En réalité, les personnages simples n'existent pas : l'univers intérieur du paysan le plus humble est aussi insondable que celui du professeur de philosophie. La seule différence est que ce dernier réfléchit et communique essentiellement par la parole alors que le premier, plus élémentaire, le fait à travers des gestes et des silences. J'ai toujours préféré le gestuel au textuel au cinéma. Un regard, un silence, un imperceptible rictus deviné sur un gros plan, exprime bien davantage que toutes les rhétoriques. Et c'est ce qui se produit avec les personnages « simples » : il faut les lire dans les yeux.