Un documentaire écolo…
Moins connu du grand public que ses cousins les chimpanzés ou les gorilles, le Bonobo est pourtant un des plus intelligents (et des plus proche de l’Homme – on a pour habitude de dire qu’il partagerait 98% de son patrimoine génétique avec nous) des grands singes. Ainsi, ce petit primate – parfois baptisé « chimpanzé pygmée » - endémique à la forêt congolaise possède l’étonnante faculté de fabriquer et d’utiliser des outils tout en développant un sens de la communication expressive assez étourdissant. Malheureusement pour lui, le Bonobo est également une espèce en danger.
Difficile donc de résister au documentaire léché d’
Alain Tixier. Ancien collaborateur de l'émission
Ushuaïa Nature, le réalisateur de
Bonobos met en pratique tous les trucs qu’il a choppé en bossant pour le show écolo-friendly de TF1. Le résultat est d’ailleurs saisissant : la forêt équatoriale de la RDC est aussi belle et majestueuse que sur National Geographic HD, le message humaniste est martelé avec pédagogie, le propos est ludique (même si la voix off de Beni devient parfois agaçante) et tout finit bien à la fin. La morale est sauve.
… au message un peu trop lisse
N’empêche, c’est bien joli tout ça, mais on ne peut s’empêcher de regretter une certaine naïveté dans
Bonobos. Ainsi, « l’observation » (scénarisée) des singes est simplifiée à l’extrême pour s’assurer de toucher les plus jeunes spectateurs (on effleure du bout des lèvres le fonctionnement très libertin du Bonobo : celui-ci parvient en effet à vivre en communauté de façon totalement pacifique grâce au jeu et SURTOUT au sexe, partout, tout le temps avec tout le monde…), seule l’européenne Claudine André est mise en avant, telle une héroïne des temps modernes vaguement épaulée par quelques autochtones (presque) anonymes (on frôle le mythe du bon sauvage) et pas un mot ou presque sur les éventuelles motivations des braconniers.
Un docu Vert à la morale un peu trop Noir&Blanc en somme. Utile, mais partial et partiel.
Eléonore Guerra