Adapté du best-seller de
Miyuki Miyabe, l’équivalent de J.K Rowling au pays du soleil levant,
Brave story nous plonge dans l’univers d’un écolier, Wataru, qui mène une vie tout à fait normale pour un garçon de 11 ans jusqu’au jour où il découvre un monde imaginaire…
Au départ, on est séduit par cette manière qu’a le film de nous mettre dans la peau de Wataru. On ressent l’injustice des mots et des actes des adultes, si dénués de sens pour un petit garçon qui s’est toujours senti abrité dans le cocon familial. On comprend ce qui le pousse à fuir dans un monde loin de la réalité, à passer la porte de Vision, de la même façon qu’Alice glissa dans le terrier bien avant lui.
Cette plongée dans l’imaginaire lui permettra d’affronter les démons (au sens propre comme au figuré) qui lui font si peur dans la vie réelle, et à grandir, bien sûr, puisque c’est bien d’une fable initiatique qu’il s’agit ici.
D’abord initié au secret de Vision en devenant apprenti héros, puis nommé « Higlandler », ce qui lui confère le rôle de garant de la justice, le film suit une trame très classique dans le genre de l’Heroic Fantasy : un garçon ordinaire se voit confier une mission extraordinaire qu’il ne pourra accomplir qu’en comptant sur l’amitié, le courage et la découverte de soi.
Et c’est là justement que la déception pointe. On a parfois du mal à s’attacher à ce héros que pas grand-chose ne différencie de ceux que l’on a l’habitude de rencontrer sur nos écrans ou dans nos livres. On regrette que le scénario et les personnages ne soient pas plus fouillés alors que l’on s’attendait à de vraies trouvailles narratives et visuelles.
Il manque à
Brave Story cette pointe de poésie qui pourrait en faire un film aussi grandiose que
Le Voyage De Chihiro, dont la comparaison est inévitable tant l’influence de Hayao Miyazaki est évidente.
Mais la vraie originalité de
Brave Story existe bel et bien, simplement, elle réside ailleurs, dans les rapports qu’entretient Wataru avec son ami Mitsuru. Ce dernier est son double négatif et n’est pourtant jamais présenté comme le méchant de l’histoire, mais simplement comme un petit garçon écrasé par le poids d’une souffrance trop lourde à porter.
La confrontation finale, inattendue, viendra nous rappeler que les enfants aussi peuvent ressentir une palette d’émotion très variée, et que, même pour eux, la frontière entre le Bien et le Mal est parfois plus mince qu’il n’y paraît.
Si le film ne se hisse pas encore au niveau des chefs d’œuvres d’animation du studio Gibli, il n’en reste pas moins un divertissement intelligent, dont la forme classique est éclairée par quelques séquences magnifiques qui posent un regard juste et sensible sur le passage difficile qu’est la sortie de l’enfance.
Marianne Fakinos