Kafka
« L’histoire de
Bye bye blackbird est née de la lecture d’une petite nouvelle de Kafka intitulée Première souffrance et à l’esprit de laquelle je suis resté fidèle. Elle se trouve dans le recueil Un artiste de la faim dont les nouvelles se situent dans l’univers du music-hall, du théâtre populaire juif et du cirque. Kafka adorait ces endroits lugubres où de misérables petites troupes de théâtre refaisaient le monde avec des bouts de ficelle, ce mélange de grandiose et de pauvreté. Première souffrance fait trois ou quatre pages et s’arrête quasiment au milieu d’une phrase, mais le souvenir que laisse cette nouvelle est très fort, on veut en savoir plus... Même si
Bye bye blackbird n’est en aucun cas une adaptation de la nouvelle qui a agît plus comme une étincelle, le fantôme de Kafka est présent dans le film. J’avais même pensé faire apparaître un personnage qui ressemblerait à Kafka et qui viendrait la nuit observer Josef au moment où celui-ci s’enferme dans sa solitude. A la fin de la nouvelle, le jeune héros voyage en train avec son impresario et tandis que celui-ci est assis sur la banquette, lui dort dans le filet à bagages pour rester suspendu. Soudain, l’impresario regarde ce jeune homme dormir et voit naître une ride au coin de son œil. Cette première ride, c’est un peu l’histoire du film : comment un jeune garçon plein d’idéal va vivre une épreuve douloureuse et devenir un homme. »