Résumé du film Cabale à KaboulIsaac et Zabulon sont les deux derniers juifs d’Afghanistan. Ils vivent à Kaboul, dans l’enceinte de la vieille synagogue, désertée et pillée. Ils sont toniques, mais âgés. Ils ont survécu aux Russes et aux Talibans. Les autres, tous les autres, sont morts ou ont émigré en Israël, aux Etats-Unis. Eux sont restés.
Isaac Levy et Zabulon Simantov sont très différents. Isaac est un guérisseur, un rabbin miraculeux, un maître des sciences occultes. A sa porte, se pressent femmes et hommes venus souvent de très loin et même du Pakistan, pour entendre sa parole et recevoir ses amulettes. Il porte une longue barbe blanche et est rongé par la solitude depuis que sa famille l’a quitté et sans doute rejeté. Zabulon est toujours rasé de frais, il respecte scrupuleusement le shabbat et les fêtes, lit les prières et fabrique, selon les prescriptions juives, du vin qu’il revend à ses voisins. Isaac et Zabulon ont lié leurs destins. Ils vivent en vase clos. Ils n’ont que de très rares visites et surnagent dans un environnement indifférent ou hostile. Ils vivent un exil infini.
Cela ne signifie certes pas que leur vie soit morne. Elle est d’une intensité incroyable au contraire, pour une raison simple : Isaac et Zabulon se détestent. D’une haine intense et farouche, d’une haine assidue, quotidienne, qui ne connaît pas de répit. 1 vidéo : Cabale à KaboulGalerie Photos : Cabale à KaboulLes avis sur le film Cabale à Kaboul
Critiques : Cabale à Kaboul -
CinéLive

" (…) documentaire (…) symbolique d’un pays abandonné de tous."
S.B. (article entier disponible dans Cinélive n°116, page 52)
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Première

" Tout est intense, drôle, surprenant, et, au bout du compte, ce portrait de deux frères ennemis est aussi un regard à la loupe sur l’individualité à Kaboul, après les Talibans."
I.D (article entier disponible dans Première n°368, page 38.)
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TéléCinéObs

" C’est drôle, curieux, tonique, parfaitement incongru."
F.F (article entier disponible dans TéléCinéObs n°2241, page 12)
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Le Figaro

" Incongru et original ce documentaire ressemble à une farce. Mais c’est bien la réalité filmée au plus près (…)"
M.-N. T. et D.B. (article entier disponible dans Le Figaro du 17/10/07)
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Télérama

" On ne voit, dans ce documentaire, que cette haine inexplicable, inextinguible (…). Laquelle est inversement proportionnelle à la tendresse avec laquelle la cinéaste plonge dans leur conscience (…)"
Pierre Murat (article entier disponible dans Télérama n°3014, pages 58-61)
Note d’intention J’ai tourné plusieurs films documentaires. Dans tous ces films, ce sont les situations, le regard que j’y porte et l’ambiance qui règne, qui sont importants. Mais aussi ma relation aux individus que je filme. Je travaille en solitaire, je cadre moi-même, sans preneur de son et je vis en compagnie des gens que je filme. Ma démarche pourrait être qualifiée d’intimiste, elle est proche des gens et de leur réalité. Je reste longtemps à l’intérieur d’une communauté, parmi les gens ordinaires, mais dont l’histoire ou le destin reflète l’état ou certaines problématiques d’une société. Pour tourner ce film qui montre l’Afghanistan à travers la rivalité des deux derniers Juifs de Kaboul, j’ai vécu un an en autarcie dans ce pays qui semble se trouver sur une autre planète. J'ai appris le persan de Kaboul ce qui m’a permis de converser avec mes deux étranges personnages dans leur langue, sans intermédiaire. Le dispositif narratif et visuel en découle : il n’y a pas de prétention de neutralité de la part du narrateur. Je ne suis pas un oeil venu du ciel qui traverse l’univers de mes deux personnages. J’y fais irruption, j’en fais partie. C’est ce qu’on appelle en littérature une mise en abîme. De même que le roman de la mise en abîme ne peut avoir comme sujet que l’écrivain lui-même, un documentaire qui utilise la même technique ne peut qu’inclure le réalisateur parmi les personnages. Les personnages vus par les acteursZabulon
Zabulon, 41 ans, se considère comme un commerçant fort avisé. Il est marchand de tapis. Il va tous les jours au bazar avec sa vieille bicyclette. Il est plus jeune qu’Isaac et a un vocabulaire plus développé car il a voyagé à travers l’ex-Union Soviétique. Il a envoyé sa famille en Israël voilà dix ans. Parfois, il prend de leurs nouvelles. Il va alors à la poste pour leur téléphoner. Zabulon a un certain sens de l’humour tandis qu’Isaac est surtout préoccupé par le rappel incessant de ses déboires. Zabulon mange bien. Contrairement à Isaac, il a le droit de sacrifier des volailles : il est fils de rabbin et dispose d’un couteau sacrificiel. Son lieu de sacrifice privilégié se situe sous la fenêtre d’Isaac. Ce dernier, au grand plaisir de Zabulon, ne se nourrit que de légumes, de pain et d’œufs. Zabulon boit aussi du vin, qu’il fabrique tout seul avec des raisins secs achetés au marché. Il raconte qu’il en fabriquait aussi du temps des Talibans. |
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