Forts de leur incroyable popularité scénique et télévisuelle,
Shirley et
Dino se lancent donc dans le cinéma. Intéressant. Malheureusement, ce qui peut plaire sur scène (interactivité avec le public et brièveté des saynètes) se révèle souvent fatigant, voire consternant, sur grand écran. Ici, l’intrigue est ultra simple (il faut sauver le cabaret) et n’est absolument pas servie par des rebondissements paresseux et répétitifs : « Zut le magicien est parti, remplaçons-le ! Re-zut, la dresseuse de chien est blessée, remplaçons-la ! ». Gilles et
Corinne Benizio aiment le comique de répétition et nous bombardent lourdement avec, histoire qu’on ait bien compris qu’il fallait rire.
Les scènes de spectacle sont les plus réussies, certes, mais se résument à des sketches filmés. Quel est alors l’intérêt de faire un film ? L’effet n’est-il pas été le même dans le dvd de leur spectacle au théâtre Marigny ? Quoiqu’il en soit, si les Benizio arrivent à faire fonctionner leurs blagues à l’écran, ils se montrent beaucoup moins inventifs et adroits lorsqu’il s’agit de dynamiser l’intrigue et de donner de l’épaisseur aux personnages. Ces derniers sont assez inégaux : si les personnages secondaires (notamment les truands) sont assez amusants lorsqu’ils n’ont pas l’air de sortir d’une sitcom des années 60,
Corinne Benizio se borne à jouer «
Shirley la cruche » alors que le jeu de
Gilles Benizio fait tout simplement peur.
Malgré tout, au vu de la popularité de
Shirley et
Dino et du battage promotionnel dont ils bénéficient, il y a fort à parier que
Cabaret Paradis sera un succès en salles. Pour le meilleur et pour le pire.
Eléonore Guerra