Il y a deux ans, environ à cette même période, je m'apprêtais à débuter le Projet Cahier intime : « un long parcours d'enquêtes sur le monde des adolescents qui, à travers des interviews, séminaires de cinéma et laboratoires de jeux théâtraux, m'a conduit à réaliser mon premier long-métrage ». Au delà des bonnes intentions, plus que tout, une question me taraudait: « Mais il y a t’il vraiment besoin d'un autre film sur l'adolescence ? ». La réponse, je crois, me vint spontanément : certainement pas. Les jeunes sont maintenant surexposés, pas seulement dans le cinéma: il suffit d'allumer un téléviseur pour être bombardé de messages crus sur les habitudes des adolescents italiens : ils abusent d'alcool, de sexe et de drogue, et comme si ça ne suffisait pas, ils sont la jeunesse la plus ignorante d'Europe. Un chœur de blâmes et de peurs qui semble avoir relégué la perception de la traversée de la vie en deux macros extrêmes d’une part, cette jeunesse brûlée, adonnée à tous les excès sans aucune limite; de l’autre, cette jeunesse contemplative, victime passive de la société de consommation, accrochée aux portables et aux émissions télévisuelles.