Victime d'ellipses trop nombreuses et d'un montage haché, le
Capitaine Alatriste du réalisateur espagnol
Agustín Díaz Yanes, adapté des romans à succès d'
Arturo Pérez-reverte, n'a pas pu livrer tout son potentiel. Dommage, car il dispose pourtant de qualités non négligeables: une histoire dotée d'un certain potentiel cinégénique, des acteurs convaincants (si on oublie la voix un peu trop caverneuse qui a été attribuée à
Viggo Mortensen au doublage), des costumes sublimes et surtout une photographie somptueuse de
Paco Femenia qui rappelle les toiles des grands peintres baroques du XVIIème siècle par la construction des plans et l'utilisation magistrale de la lumière.
Si l'édition simple ne propose pour tous bonus que le commentaire du réalisateur, un peu trop didactique, et la bande-annonce, l'édition collector est beaucoup plus généreuse. On y retrouve notamment un making-of très détaillé qui passe en revue la plupart des éléments de la production: le tournage, les décors, les costumes, l'adaptation des romans,... Le supplément intitulé
Ainsi est né... Alatriste présente quant à lui moins d'intérêt, même s'il permet de clarifier un peu plus les personnages du roman.
Viggo Mortensen y apparaît peu loquace sur son rôle et ses motivations, peut-être à cause de la barrière de la langue (il fait l'effort de s'exprimer en espagnol tout le long des entretiens). Au final, l'intérêt des bonus de cette édition collector vient, une fois n'est pas coutume, des scènes coupées, qui viennent combler certaines lacunes scénaristiques du film.
Stéphanie Munier