Film indissociable de la personnalité du scénariste (depuis attitré) de
Ken Loach,
Paul Laverty, (dont il reprend, dans une large mesure, nombre d’éléments biographiques comme son séjour au Nicaragua),
Carla’s Song sonne encore aujourd’hui comme un émouvant plaidoyer pour tous les peuples opprimés, d’ici ou d’ailleurs. Fidèle à lui-même et à ses convictions,
Ken Loach prend son sujet à bras le corps et – jouant sans cesse sur la balance passé/présent et ici/ailleurs – se fend d’une dénonciation géopolitique (la crise au Nicaragua, mais aussi le rôle obscur des Etats-Unis dans cette crise) aussi juste que l’histoire d’amour contrarié entre les deux protagonistes est touchante.
Situé, de par son aspect historique, à mi-chemin entre
Land And Freedom (l’Espagne des années 30) et
Le Vent Se Lève (l’Irlande du début du XXème siècle),
Carla’s Song n’en demeure pas moins un film légèrement à part dans la filmographie de Loach, notamment pas son côté
easy love story et ses scènes d’actions (très réussies) grand public.
N’empêche, on le dit, et on ne le répètera jamais assez : des cinéastes de cette trempe sont trop rares pour qu’on se permette de passer à côté.
Un film à (re)découvrir encore et encore.
Eléonore Guerra