Oups ! Dur de reprendre un langage normal après la vision de CASABLANCA DRIVER... La tentation est forte de parler comme le personnage principal pour aborder ce film. On ne saura jamais vraiment si cet analphabète déconnecté de la réalité, avec son propre langage et une case en moins, est malade, fou furieux, ou tout simplement bête. On sait simplement qu'il est né pour se battre, et qu'il le fait... mal.
Traité sous la forme d’un "Hollywood stories" mêlant fiction, fausses interviews et images d'archives, CASABLANCA DRIVER rend hommage à la bêtise et cultive l'humour made in France actuel. Le sujet peut paraître idiot, mais il choque moins lorsque l'on sait que c'est
Maurice Barthélemy, membre des Robins des Bois, qui est derrière la caméra. Devant aussi. Et au scénario. Comme il est fort, ce Maurice. Mais à trop vouloir en faire, on se met vite le doigt dans l'œil...
L'idée de base était plutôt bonne : un faux documentaire qui retrace la vie du pire boxeur de tout les temps, contre pied de reportages comme WHEN WE WERE KINGS, ou de films comme ALI ou RAGING BULL.
Dieudonné en Don King miteux, pantalon pattes d'eph' et coupe à la Jackson Five, faux attentat à la JFK à coup de vélo d'appartement, clin d'œil aux casinos, strass et paillettes de Las Vegas, CASABLANCA DRIVER enchaîne les quiproquos malheureux, les situations décalées, les décors ultra kistch et les couleurs rétro.
Le hic est que l'ensemble manque de rythme, et surtout, cri au déjà vu : cet hymne à Maurice pioche l'absurdité du côté des Nuls et de leur CITE DE LA PEUR, les cascades et la "poétrie" des Robins des Bois, les faux documentaires et la voix off du Groland et Jules Edouard Moustic. Aspect d'ailleurs renforcé par le passage des copains des Bois, des Nuls ou d'ailleurs.
Un film drôle certes, mais lent et sans âme, malgré quelques détails plus subtils comme l'inscription "je télécharge sur Kazaa" au milieu des panneaux de soutien au boxeur. Peut-être parce que l'on ne peut s'empêcher de penser que
Maurice Barthélemy aurait aussi bien pu faire un film sur un footballeur, un cuisiner ou un dentiste, ça n’aurait rien changé pour lui...
Todo match, todo match. C’est finalement les seuls mots qu’il en reste.
Aurélie Maulard