Avec des films comme
Juste Un Baiser ou
Souviens-toi De Moi, le cinéma italien actuel avait prouvé la lucidité de son regard sur le monde, son attirance vers cette Italie d'aujourd'hui, criante, chaotique, partagée mais pleine d'entrain et d'espoir en la vie – une tendance confirmée par le nouveau film de
Paolo Virzi. Comédie cruellement douce et délicieusement amère, cette parabole du passage de l'enfance à l'âge adulte se transforme très vite en petite perle cinématographique sur la société italienne qui se regarde dans un miroir. A travers le personnage de Caterina, qui découvre la ville en même temps que la vie, les clans, la politique, les tendances, la mafia, le pouvoir de l'argent et la puissance de l'amour,
Paolo Virzi sonde son pays et dessine sa propre vision d'une société déchirée entre passé et avenir. Un pays en pleine crise d'adolescence, comme cette gamine incroyable perdue entre rebelles engagées et filles à papa pourries gâtées, pressée par un père frustré de la vie qu'il mène et celle qu'il voudrait mener, mis de côté par une mère effacée et enfermée.
Les histoires et les héros se croisent, se choquent, s'entendent et s'oublient et chaque personne évolue à sa manière et souvent loin des autres… Le tout forme un ensemble totalement désordonné, complètement hystérique et carrément au bord de la crise de nerf, mais terriblement attachant et totalement jouissif. Un voyage initiatique magnifiquement interprétés par des acteurs sans faute,
Sergio Castellito, et les jeunes
Alice Teghil et
Carolina Iaquaniello en tête. Espérons que ce petit bijou va enfin relancer en France la mode du cinéma made in Italie…
Aurélie Maulard