Après les policiers corrompus ou les gars qui se tapent
L'INCRUSTETitoff plonge la tête la première dans la tragédie et les histoires à faire pleurer dans les chaumières. Un comique dans un film tragique, José Garcia avait démontré encore dernièrement avec
LE COUPERET que la sauce pouvait prendre. Mais dans CAVALCADE, la vinaigrette a un goût un peu amer, tant
Titoff perd pied dans un rôle souvent trop grand pour lui. Plus proche du documentaire que du véritable film de fiction, le troisième long métrage de
Steve Suissa (
Le Grand Rôle) nous propulse dans le quotidien d'un homme qui voit sa vie de rêve s'arrêter après un terrible accident de voiture qui le cloue dans un fauteuil roulant. Une histoire de combat contre la mort, contre le handicap et la fatalité.
Terriblement émouvant sur le papier, le film manque pourtant de dynamisme et finalement d'émotion. Engoncé dans son fauteuil roulant,
Titoff sur joue involontairement son personnage à le rendre parfois ridicule, et la myriade de seconds rôles aux visages familiers va et vient trop vite pour qu'on s'y attache vraiment. En s'attaquant avec humilité à un sujet difficile,
Steve Suissa ne sait plus où donner de la tête et manque finalement le coche. On en sort un peu perdu, un peu déçu, à se dire qu'un tel combat pour l'amour aurait mérité un peu plus de vie.
Aurélie Maulard