Dans la veine de son précédent film
Une Affaire Privée, le nouveau long-métrage de
Guillaume Nicloux,
Cette Femme-là reprend le thème de la disparition, lié cette fois au suicide. Plus dur, plus fort, ce film noir instaure, dès le début, une ambiance particulière. Associé à une mise en scène précise, travaillée, et à un montage original mais approprié, ce climat angoissant sert très bien un scénario sans fausse note.
Le personnage de Michèle Varin, remarquablement interprété par une
Josiane Balasko méconnaissable, vie constamment entre ses rêves et une dure réalité qui l’entoure. Cette femme flic, endeuillée par la mort d’un fils quelques années auparavant, enquête sur un curieux suicide qui va vite se mêler à sa vie privée, à ses cauchemars.
Associant subtilement violence, ironie et sentiments, le réalisateur construit peu à peu son film, tel un puzzle dont les pièces s’assemblent de manière aussi naturelle qu’inattendue. Offrant une place très importante à l’irréel, aux fantômes et aux rêves,
Cette Femme-là est pourtant, dans sa mise en scène, son montage, très méthodique, cohérent, presque cartésien.
Avec ce cinquième long-métrage,
Guillaume Nicloux construit brillamment son œuvre, faisant réapparaître, le temps d’une scène, le personnage de Manéri campé par
Thierry Lhermitte (
Une Affaire Privée). Sans être directement une suite, ce film plus noir, plus difficile, mais aussi cinématographiquement plus mature, plus travaillé, découle simplement et minutieusement de son précédent. Une réussite.
Amélie Chauvet