Un film de
Coline Serreau, avec
Rachida Brakni,
Vincent Lindon,
Catherine Frot ,
Aurélien Wiik
SYNOPSIS :
Un couple bourgeois, moderne et conventionnel (
Vincent Lindon et
Catherine Frot).
Un soir, accidentellement, l'irruption dans leur vie d'une jeune fille prostituée.
Poursuivie, tabassée, menacée, elle va lutter, avec l'aide de la femme bourgeoise, d'abord pour sa survie -sa résurection- puis sa liberté et sa dignité.
Croisement de vies, chocs, tempêtes pour tous.
L’AVIS DE LA REDACTION :
Dans son projet originel,
Coline Serreau envisageait certainement un film " coup de poing ", un réquisitoire à vif contre la condition des femmes maghrébines, dans une société supposée les affranchir… Simple déclaration de bonnes intentions ? Toujours est-il que, passé le choc de la première séquence (une jeune prostituée se fait violemment agresser sous le regard indifférent d’un couple de bourgeois), le scénario s’égare dans des chemins de traverse dont on a du mal à saisir la signifiance. Bien sûr, CHAOS dénonce à tour de bras : la prostitution érigée en esclavage, la superficialité bourgeoise, la lâcheté des hommes, des traditions d’un autre âge… Le parti pris est certes louable, mais cette accumulation superfétatoire finit par ressembler à un patchwork d’invraisemblances.
Rien à reprocher, pourtant, aux acteurs - tous assez convaincants - hélas dans des rôles qui embrassent lourdement la caricature : la bourgeoise bon chic, bon genre (
Catherine Frot) qui, soudain prise de culpabilité, se découvre une irrépressible vocation d’ange gardien ; le mari inconséquent (
Vincent Lindon) qui verrouille sa portière lorsqu’une jeune femme est en danger ; enfin, la petite beur violée, outragée, maltraitée (
Rachida Brakni) qui finit par triompher de ses bourreaux… On aurait bien envie d’y croire, malheureusement cette renaissance impromptue semble un brin utopique et, inévitablement, la réalité rattrape une fiction hyper-romancée qui, pour un peu - c’est un comble - se terminerait presque en conte de fée ! Le film donne, de surcroît, une image extrêmement négative de la gente masculine. Jusqu’à la dérision, voire même jusqu’au dérisoire : oui, on sourit aux répliques drolâtres de
Vincent Lindon, à son agitation frénétique, à cette manière qu’il a de faire passer le superflu avant l’essentiel, le paraître avant l’être, son confort personnel avant la raison d’autrui… Mais est-ce bien à propos dans un sujet d’une telle gravité ?
Au bout du compte, on est bien évidemment touché, révolté, par le sort cette pauvre fille. Seulement, trop de bons sentiments tuent le sentiment… L’ensemble, taillé à l’emporte-pièce, est inégal et fourre-tout. Du " chaos " attendu, on retiendra surtout une immense confusion, un méli-mélo consensuel… bref, une toute petite " gifle " administrée contre un système qui n’a pas fini d’asservir ses victimes !
Laurence Berger
LE DVD :
Bonus :
- Making of
- Bande-annonce
- Filmographies
- Galerie de photos
- Bonus ROM : liens internet et carnet de tournage de la réalisatrice
- Interviews : une ex-prostituée et une sociologue témoignent...
ENTRETIEN AVEC Coline Serreau :
De nombreux thèmes s’entrecroisent dans CHAOS, comme d’ailleurs dans tous vos films. Quelle a été votre idée de départ ?
La résurrection est le thème principal du film. Quelqu’un, en l’occurrence Malika, l’héroïne jouée par
Rachida Brakni, meurt ou est laissée pour morte. Puis elle renaît. Je suis toujours sidérée par la capacité qu’a l’humanité à se sortir des moments les plus durs, à renaître.
Malika n’est pas la seule à connaître la résurection…
Hélène, que joue
Catherine Frot, renaît aussi puisque après avoir laissé Malika se faire agresser sans intervenir, elle va s’employer à la sauver. Ce sauvetage la fait sortir d’elle-même et remet sa vie en question.
Et puis il y a également Paul, le mari d’Hélène, joué par
Vincent Lindon, une personne dont l’humanité semble absente. Il est devenu un robot fermé au monde et aux autres. Cette histoire le confronte à lui-même. Oui, presque tous les personnages sont en résurrection. Comme après un immense chaos.
FICHE TECHNIQUE :
réalisation :
Coline Serreau
producteur :
Alain Sarde
directeur de la photographie :
Jean-françois Robin
scripte : Pilar Billiet
FICHE ARTISTIQUE :
Paul :
Vincent Lindon
Hélène :
Catherine Frot
Noémie :
Rachida Brakni
Mamie :
Line Renaud