Réalisateur exceptionnel, Aldrich a mis en scène quelques-uns des plus grands classiques d’Hollywood et ce, dans tous les genres possibles : le film de guerre (
Les Douze Salopards), le western (
Vera Cruz) et le film d’aventure (
Le Vol Du Phoenix). Mais c’est surtout avec le polar qu’Aldrich se montre le plus à l’aise. Révolutionnant le genre avec le cultissime
En Quatrième Vitesse, le cinéaste commence dès 1962 avec
Qu'Est-il Arrivé à Baby Jane ? (déjà avec
Bette Davis) une série de films dont la noirceur et la cruauté traumatisent aujourd’hui encore bon nombre de spectateurs. Issus de cette série, Chut, chut, chère charlotte est réalisé au lendemain du succès de
Qu'Est-il Arrivé à Baby Jane ? et impose de manière définitive
Bette Davis comme l’actrice la plus ambiguë et la plus déroutante du cinéma. A ses côtés,
Olivia De Havilland compose un personnage trouble, tout en violence contenue. Rédigé par
Henry Farrell, l’auteur de
Qu'Est-il Arrivé à Baby Jane ?, le scénario du film, riche et complexe, est l’occasion pour Aldrich de réaliser quelques séquences tortueuses comme en témoigne la grand guignolesque scène d’ouverture. Peuplée de délires hallucinatoires, de mensonges et d’illusions, Chut, chut, chère charlotte est surtout une œuvre sordide et cruelle qui navigue délibérément entre le polar et l’épouvante.