L'adaptation
Tout a commencé par un conseil de lecture de mon producteur,
Michel Saint-jean : L’âge bête, de Boileau-Narcejac. Je connaissais comme beaucoup ce célèbre duo d’écrivains et en particulier grâce à deux adaptations remarquables : Celle qui n’était plus, au cinéma Les diaboliques d’Henri-Georges Clouzot et D’entre les morts, le chef-d’œuvre d’Alfred Hitchcock, Vertigo. L’âge bête est un polar qui se situe dans les années 70 au cœur d’une petite ville de province. Deux élèves de troisième enlèvent une jeune prof, mais la fatalité s’en mêle et l’un des adolescents est victime d’un terrible accident, laissant son camarade seul et désemparé. Avec
Gilles Taurand, nous avons souhaité que le récit se situe à notre époque. Même s’il est vrai que la violence dans le milieu scolaire est désormais un fait de société, nous n’avons pas voulu faire de cette adaptation un document sociologique ni la peinture naturaliste d’un milieu provincial. Au fil de l’écriture, s’est dessinée une histoire autour de deux solitudes, celle d’un père et d’un fils qui pleurent en silence, la mère disparue… Un conte moderne qui flirte parfois avec le fantastique. Évoquer la lancinante culpabilité de ceux qui restent et qui n’y sont pas préparés. Sonder l’énigme des êtres, sans les confiner dans leurs ténèbres ni les sauver tout à fait, s’abstenir en tout cas de les juger, voilà ce qui est devenu le projet de ce nouveau film : « Comme un Homme ».