Drôle d'année que 2004. Des autoportraits de réservistes américains nous les montrent en train de torturer des civils arabes et suscitent un haut-le-cœur mondial. Aux yeux de la planète, après les invasions de l'Afghanistan puis de l'Irak, cela en est trop. Certains pensent même que l'aventure américaine est en danger de virer au fascisme. Sur les côtes est et ouest, des manifestations contre la guerre - et contre le Président - se multiplient. A l'évidence, croit-on, l'Amérique se polarise. Il y a les « anti-Bush » et il y a les « patriotes », la « droite chrétienne ». Enfin, soupire-t-on, il se passe quelque chose au pays de Nike et de MacDo, où depuis de longues années le duel politique semblait s'être assoupi derrière une montagne de publicité.