"Collection Auteurs" - Dvd et vhs classiques disponibles également à la vente depuis le 6 février 2002
Un film de
Jean-françois Richet, avec
Virginie Ledoyen,
Stomy Bugsy,
Mar Sodupe et Yazid Aït.
SYNOPSIS :
À vingt ans, Maria ne demande qu’à croquer la vie à pleines dents !
Il y a ce stage en usine qui ne lui dit rien du tout. Mais le travail ce n’est pas tout. Et à son âge, Maria sait qu’elle a de belles années devant elle, à rêver, construire... vivre.
Autour d’elle, il y a la gentillesse de parents vieillissants mais bienveillants, chez qui elle habite, en zone pavillonnaire. Il y a aussi l’amitié fidèle de Linda, sincère confidente qui partage ses joies et ses peines, à l’usine comme en dehors. Il y a aussi la présence rassurante et un peu rustre de Karim, son petit ami, qui travaille lui aussi en usine et qu’elle cache encore de ses parents. Pour l’instant, Karim avoue lui-même ne pas savoir dire, " je t’aime”. Mais ça viendra sans doute.
Autour encore, il y a Manu le dragueur invétéré, baratineur pas toujours habile, mais de plus en plus attachant lorsqu’il en pince pour Linda. Et puis, Bouboule, un pote du quartier qui tient à son chien comme à la prunelle de ses yeux. Malgré la grisaille du quotidien, tous poursuivent leur quête du bonheur.
Et puis, tout bascule. Pour rien. Pour un peu de lingerie piquée dans un supermarché. En découle une douloureuse épreuve. Quelque chose s’est brisé chez Maria. Plus rien ne sera pareil. Et dans la tourmente des épisodes dramatiques, chacun, à sa façon, va se battre pour... de l’amour.
LE DVD :
Version sonore : VF en 5.1 Dolby Digital DTS.
Sous-titres : anglais.
Bonus :
- Making of de 10 minutes
- Interview du Journal du Cinéma de V. Ledoyen
- Musique de
Bruno Coulais en piste séparée
- Enregistrement de la BO présenté par le réalisateur
- 1 scène coupée présentée par le réalisateur
- L'affiche du film et les plans truqués présenté par le réalisateur
- Bande-annonce en VF
- Filmographies du réalisateur et des acteurs
- Photos de tournage.
LE DVD "Auteurs" :
Image :– Format 1.85
Son : Dolby Digital 5.1 Français
Sous-titres : Français
Bonus :
- Interview de
Virginie Ledoyen
- Making of
- Photos de tournage
- 1 scène coupée
- Musique de
Bruno Coulais
- Filmographies
- Bande-annonce
ENTRETIEN AVEC JEAN-FRANCOIS RICHET :
D'où est venu le désir de faire ce film?
J-F. -Le moteur de ce film est Virginie. Je l'ai écrit pour elle. Je voulais mettre en scène un personnage féminin dans le premier rôle.
Comment a évolué le scénario de sa première mouture au résultat final ?
J-F. -Au début, c'était un film beaucoup plus dur. Finalement, c'est un film sur l'amour, les sentiments, la difficulté d'aimer. J'ai commencé à écrire en '96. Et je crois que la première mouture du scénario était un peu une redite par rapport à ce que j'avais déjà fait. Une fois écrit, je n'avais plus trop envie de le tourner.
Avant, tu disais que tu faisais du cinéma politique. Est-ce encore le cas pour "De l'amour"?
J-F. -C'est banal de dire que tous les films sont politiques. Ensuite, il y a des films militants et d'autres qui ne le sont pas. Celui-ci n'en est pas un. C'est toujours le même point de vue, ceux de personnes qui ne sont pas favorisées. Mais l'approche est différente. Je me suis plus placé du côté des sentiments. La relation avec l'autre est quelque chose que chacun a à vivre. C'est le même point de vue mais ce n'est pas le même angle d'attaque.
Hormis Virginie, quand s'est passé le choix des comédiens ? Tu les voyais déjà pendant l'écriture ?
J-F. -Non, je m'en suis préoccupé beaucoup plus tard. Au dernier moment même. Au départ, je devais jouer le personnage de Karim. Mais j'ai voulu une réalisation beaucoup plus classique que dans mes films précédents. Comme c'était la première fois que je m'essayais à cette approche, j'ai préféré ne pas me mettre en scène. Je crois que j'ai eu raison.
Il y a beaucoup plus de comédiens professionnels que dans tes films précédents. Etait-ce très important ?
J-F. -Ce sont de vrais rôles de composition dont j'avais besoin. Dans mes films précédents, je prenais les gens pour ce qu'ils savaient faire et ce qu'ils étaient. Ca leur donnait une véracité. C'était des films sociaux. Il fallait coller à ce qu'ils étaient sensés représenter.
Alors autant prendre des gens qui venaient vraiment de ce milieu social. Pour "De l'amour", il fallait que je travaille avec des acteurs pour que je puisse me reposer sur eux, que je puisse me rassurer. Parce que le film constituait un exercice nouveau pour moi.
Il y a quand même deux non professionnels : Yazid et Stomy Bugsy.
J-F. -Oui mais je les connais très bien. Donc on a pu énormément répéter ensemble. Si ça n'avait pas été le cas, je n'aurais pas pu les prendre dans le film.
L'histoire se déroule en banlieue mais on découvre plusieurs univers, plusieurs types de personnages qui se côtoient. Contrairement à "Ma 6-T va crack-er" qui ne montrait quasiment qu'un seul univers.
J-F. -Dans "De l'amour", la plupart des personnages sont socialement intégrés. Ils travaillent, ils pensent à un avenir. Ils ne le voient pas forcément pas en rose mais pas en noir non plus. Les personnages de Manu et de Bouboule ne travaillent pas mais ce ne sont pas des voyous. Il y a des personnages qui se croisent sans se connaître véritablement.
Propos recueillis par Philippe Roizés
ENTRETIEN AVEC Virginie Ledoyen:
Comment s'est produite votre rencontre avec
Jean-françois Richet ?
Virginie Ledoyen -J'ai rencontré Jean-François il y a quelques années lors d'un festival. Je venais de voir "ETAT DES LIEUX" qui m'avait vraiment frappé. Il m'a demandé plus tard de faire une petite apparition dans "MA 6-T VA CRACK-ER". C'était frustrant parce que j'avais vraiment envie de travailler avec lui. Un jour, il me parle d'une histoire qui allait devenir "DE L'AMOUR".
Il y a eu beaucoup de changements entre l'idée de départ du film et le scénario final.
V.L. -Effectivement. C'est le troisième film de Jean-François et il y a des choses qui ont changé dans sa vie et dans son approche du cinéma. La première version du scénario date d'il y a cinq ans. Elle était trop dure.
Le résultat final n'est pas plus conventionnel, il est plus juste. Je crois qu'on écoutera davantage ce que Jean-François raconte et c'est donc plus fort.
Cette évolution va même jusqu'à la transformation radicale du titre du film.
V.L. -Absolument! Le titre original était "L'avenir est derrière nous". C'était comme ça et pas autrement. Rien ne pouvait changer. "DE L'AMOUR" porte un véritable espoir sur les gens qui peuvent changer. C'est aussi un film sur le pardon.
Jean-François a-t-il une façon bien à lui de diriger les comédiens, d'envisager le cinéma?
V.L. -Il a un fonctionnement très simple : il sait ce qu'il veut. Que ce soit dans sa direction d'acteur, dans sa mise en scène, pour l'éclairage.
Mais le dialogue est toujours possible. Avec
Mar Sodupe et Jean-François, on avait réécrit la scène dans laquelle les deux amies parlent d'avortement. Parce qu'on pensait que des filles n'auraient pas formulé ainsi certaines choses qu'il avait écrit. C'est le premier film de Jean-François dans lequel il met en scène de vrais personnages féminins.
Avez-vous eu un travail préalable à accomplir pour rentrer dans le personnage de Maria ?
V.L. -Il m'est difficile de répondre à cette question. Pour moi, il faut épouser le personnage autant que l'histoire.
Il est très difficile d'incarner un bon role dans un film naze.
Il faut donc rentrer totalement dans l'univers du metteur en scène. J'avais vraiment envie de jouer le personnage de Maria parce qu'il n'est pas stéréotypé.
Propos recueillis par Philippe Roizés
FICHE ARTISTIQUE :
Maria :
Virginie Ledoyen
Karim : Yazid Ait
Linda :
Mar Sodupe
Manu :
Stomy Bugsy
Bertrand : Jean-François Stévenin
Bouboule : Karim Attia
Pascal :
Bruno Putzulu
Le père de Maria : Jean- Marc Thibault
L'assistante sociale :
Brigitte Rouan
Marc : Jean-François Galotte
La mère de Maria : Anne Canovas
Nicolas : Nicolas Hamon
Le tox : Amor Attik
Gégé : Jean-Paul Bonnaire
Roger : Jérome Le paulmier
Paul : Jean Grécault
Le directeur d'usine : Pierre Chevalier
Le contremaitre : Michel Trillot
Blouse blanche :
Candide Sanchez
Vigile cinéma : Christian Bobet
Réceptionniste : Emilie Benoit
Mère Bouboule : Fathia Chériguene
Femme Pascal :
Anne-lise Hesme
L’AVIS DE LA PRESSE :
Première :
"(…) Non que l'auteur d'ETAT DES LIEUX, qui agitait alors fièrement le drapeau d'un cinéma prolétarien, ait changé son opinion d'épaule, mais parce qu'il a mûri. D'abord dans son raisonnement, qui, désormais, dépasse les clivages "pourris d'un côté/victimes de l'autre", pour s'attacher aux nuances "même les salauds ont du vague à l'âme"). Ensuite dans sa mise en scène soignée, toute dévouée à des comédiens qu'il aime sincèrement.
Virginie Ledoyen en tête évidemment, mais aussi Yazid Aït et quelques autres potes fidèles (dont Stomy Bugsy) qui gagnent à être remarqués."
Christophe Carrière (Article entier disponible dans Première N°290, p.53)
Les Cahiers du cinéma :
"(…) Ainsi s'enchaînement, mi-comiques mi-programmatiques, arbitrages et esquives. L'amour qui lie Karim et Maria y sort à tous les coups vainqueur, justifiant à lui seul qu'on repeigne de rose sitcom la banlieue.
Ce début est séducteur, parce qu'il est toujours beau qu'un cinéaste encourage ses personnages à décliner les offres clés en main que leur fait une grille sociale et donc narrative. Tel est au départ l'amour de DE L'AMOUR : l'arbitraire d'une volonté aveugle autant qu'articulée, légère en tout cas, de tourner le dos à l'ensemble des scénarios pré écrits par un "état des lieux".
Emmanuel Burdeau (Article entier disponible dans Les Cahiers du Cinéma N°556, p.99)
Libération :
"(…) Du coup, le film, décevant, n'en demeure pas moins intéressant. En effet, quel tableau, quelle drôle d'époque! D'un côté, un tandem de pétroleuses hard, Virginies Despentes-Coralie Trinh Thi, décrivant leur antimachisme furibard et leurs désirs intarissables dans un Baise-moi outrageant, de l'autre un ami des rappeurs, trempé de marxisme, animé d'un féminisme tout aussi sincère, mais singulièrement soft, voué subitement au "bien" (voire au bien-pensant) et tout intimidé devant le beau sexe(…)."
Didier Péron (Article entier disponible sur le site de
Libération)
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