C'est en septembre 2005, quelques jours avant la sortie en France de son film
De L'Ombre à La Lumière, que nous avons rencontré le réalisateur oscarisé
Ron Howard au Festival du Cinéma Américain de Deauville. Le réalisateur d'
Un Homme D'Exception ou
Apollo 13 est revenu pour nous sur son nouveau film, la boxe, sa carrière... et le
Da Vinci Code qu'il tourne avec
Tom Hanks et
Audrey Tautou...
La grande dépression
Ron Howard : « Ma famille vient du midwest et a du lutter contre la pauvreté. Je me souviens qu'en primaire, notre professeur nous avait demandé de faire un essai écrit. Je lui ai alors proposé de faire un film en Super 8 sur la grande dépression. Et voilà comment j'ai réalisé mon premier film. J'ai filmé des photos de l'époque, beaucoup de visages… Depuis, la grande dépression n'a jamais cessé de me fasciner. Je ne pense pas que c'était une période où les gens étaient aussi désespérés qu'on peut le penser, je crois même que cela a permis une union du peuple américain, une harmonie unique dans l'Histoire des Etats-Unis.
Je pense que depuis 5-6 ans et notamment avec ce qu'il s'est passé à la Nouvelle-Orléans, on retrouve cette angoisse, des clichés d'il y a 70 ans. Nous vivons à une époque où tous nos enfants ont peur de l'avenir.… Je cherchais depuis longtemps à faire un film qui se passe pendant cette période. Ce scénario qui mélange une histoire de boxe et la grande dépression était une occasion unique pour moi. Une fois, je crois, mon père a essayé de faire de la boxe. Il était très influencé par Jim Braddock. Du coup, j'ai grandi un petit peu dans ce milieu. Lors de son plus grand combat, ma famille était rassemblée autour de la radio. Jim Braddock a été un exempt de droiture. Et en plus je savais que
Russell Crowe voulait interpréter Braddock depuis longtemps… »
« On me compare beaucoup à Franck Capra qui a réalisé beaucoup de films pendant cette période, ça me touche vraiment, c'est d'ailleurs le premier cinéaste que j'ai analysé et étudié. Mais j'ai tout appris grâce à
George Lucas. Il a une telle vision du cinéma… Mais je crois que le réalisateur qui m'a peut-être le plus influencé est sans aucun doute Jerry Parris, le réalisateur de la plupart des épisodes de la série Happy Days. Il m'a transmis le don de l'énergie, le sens du travail, la joie que cela doit être de travailler avec des acteurs et des scénaristes. »
Combats de boxe
Ron Howard : « Tourner ces combats de boxe a été un véritable défi pour moi tout comme les scènes d'incendie de Backdraft ou celles dans l'espace d'Appolo 13. Russell a eu un problème avec son épaule pendant le tournage. Il a dû être opéré et est revenu sur le tournage après. J'avais évidemment engagé une doublure pour les scènes de match, Russell n'en voulait pas. Il voulait qu'on fasse un film vraiment réaliste (…) »
« Jeune, j'étais acteur et quand je retournais à l'école, les enfants me provoquaient tout le temps. Je me souviens qu'à 12 ans, un type m'a provoqué. Comme il n'était pas plus grand que moi, je lui ai dit « Tu veux te battre ? ». Je me suis fait cassé la gueule. (rires)… Je crois que depuis, je ne me suis plus battu. »
« Le
Russell Crowe que je connais est intense et sait utiliser cette énergie pour son jeu d'acteur. C'est aussi un ami… L'autre Russell, bagarreur parait-il dont vous semblez parler beaucoup dans la presse people, je ne le connais pas... (…) »
Le cinéma de Ron Howard… par Ron Howard
Ron Howard : « Dans ma carrière, j'ai expérimenté tous les genres. Je ne perçois qu'idées, personnages et situations dans la réalisation d'un film.
Ma seule responsabilité vient lorsque le public suit. L'aspect commercial, je m'en fiche. Ce qui m'intéresse c'est avant tout de raconter des histoires à des personnes. Il y a évidemment des films que je préfère et d'autres que j'aimerais reprendre mais ce n'est pas à moi de donner mon avis sur mes films mais au public. Je veux savoir comment ils vivent l'expérience de voir un de mes films. »
Da Vinci Code ?
Ron Howard (avec un sourire) : « On n'est évidemment pas là pour en parler cependant je peux juste vous dire que nous avons fait la moitié du boulot. C'est une histoire très complexe, très riche vraiment fascinante, une grande opportunité pour créer. On a un peu l'impression de regarder le roman. C'est un véritable bonheur de travailler avec vos acteurs,
Jean Reno,
Etienne Chicot… et évidemment
Audrey Tautou. Ma caméra est amoureuse d'elle. »
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Propos recueillis par Matthieu Perrin (Deauville, septembre 2005)