Bertrand est un réalisateur trentenaire. En mal d’inspiration, il décide de passer la nuit dans une entreprise de pompes funèbres. Il y vit une expérience traumatisante qui va se transformer en renaissance. Piloté par un gourou nommé Charles (
Guillaume Depardieu), il rejoint une communauté aux accents bucoliques, chapeautée par une femme aux allures de psychiatre, campée par
Asia Argento.
Trip post soixante-huitard bouddhiste ? Pas sûr. Bertrand va apprendre que le plaisir et l’extase sont au prix d’une lutte de tous les instants et nécessitent d’abandonner la part de soi esclave des dogmes modernes (consommation et représentation sociale).
Tirant son nom du livre éponyme du stratège Von Clausewitz,
De la guerre est l’occasion pour Bertrand Bonello de s’interroger sur le sens de l’existence et la signification des valeurs reines de notre société, l’argent et la possession. Des thèmes déjà traités dans des productions anglo-saxonnes comme
La Plage ou
Fight Club. Mais ici, on est à des lieues des procédés utilisés dans ces deux films. Bonnelo adopte une approche très cérébrale qui pourra en rebuter plus d’un. Scènes de danses tribales oniriques, énorme longueur de plans, musique expérimentale à la limite de l’agression acoustique, le cinéaste bouscule le spectateur pour mieux l’imprégner de son propos. Au point de parfois l’ennuyer et de s’égarer.
Malgré la grande performance d’un Matthieu Amalric habité, le film laisse un goût d’inabouti qui évoque plus l’expérimentation artistique que l’initiation à laquelle on avait le sentiment d’être convié. Une expérience à tenter.
Xavier Lalu