Résumé du film DeliriousLes Galantine ( Steve Buscemi), paparazzo new-yorkais, traque les people et rêve d’obtenir la photo exclusive qui le rendra riche et lui assurera aussi une véritable reconnaissance professionnelle. Lors d’une planque à la poursuite de la jeune pop star K’harma Leeds ( Alison Lohman), il rencontre Toby ( Michael Pitt), jeune SDF un peu paumé, et accepte de l’aider en l’engageant comme assistant.
A la suite d’un improbable concours de circonstances, Toby entame une liaison avec K’harma Leeds.
Qu’adviendra-t-il de l’association entre les deux hommes ? Galerie Photos : DeliriousLes avis sur le film Delirious
Notre critique : Delirious Un délire en demi-teinte-
Comme Au Cinema

Les Galantine, un photographe people loser mais sûr de son talent artistique, prend sous son aile un jeune SDF perdu à la recherche d’une vie. On découvre avec joie Steve Buscemi dans un de ces rôles où il excelle le plus : déglingué, homme à sketch aux répliques savoureuses et solitaire autant par envie que par défaut comme dans un film des frères Coen ou de Jarmush. Mais il s’éclate ici dans un premier rôle, une place qu’on lui donne trop peu souvent. A ses côtés, le style Kurt Cobain de Michael Pitt fonctionne à merveille. Cheveux longs, sales et yeux pétillants, celui qui incarna la représentation abstraite du chanteur grunge dans Last Days de Gus Van Sant symbolise ici une génération perdue mais débrouillarde en quête de rêve.
On aime la philosophie de Les Galantine qui croit en lui malgré les constants revers du milieu people. On aime les certitudes d’« artiste » de l’homme qui vient présenter son travail à ses parents qui ne comprennent rien à son métier. On aime une belle scène de dispute dans un restaurant désert où Toby refuse de s’asseoir à la même table que Les qui vient de lui prouver toute l’immoralité de son travail qui est passé avant une promesse d’amitié.
Malheureusement, Tom Dicillo veut raconter un conte de fée. Dans un monde underground à la bande son rock’n’roll il fait intervenir le people à paillette qu’on aimerait qu’il dénigre mais qu’il regarde bizarrement avec envie. Téléréalité et midinettes gâchent au fur et à mesure un monde que l’on trouvait plus appréciable dans sa simplicité. Bière, lunettes loupes et costumes froissés, les deux hommes représentent une force de vie souriante dans toute sa simplicité, sa paranoïa et son indicible espoir.
Les maladresses de Toby le SDF dans le milieu pailleté sont odieusement craquantes mais on en veut au réalisateur de perdre le jeune idéaliste dans ce milieu superficiel. Car si la première partie du film est un agréable moment de complicité entre deux hommes paumés, la suite déçoit. A vouloir écrire un happy end amoureux, Tom Dicillo délaisse ce qui faisait le sel du film : un duo. L’évolution attendue de Toby dans le monde des stars n’apporte malheureusement aucune critique à ce milieu. Seul l’amour pour la blonde pourrie gâtée semble faire vivre la nouvelle star. L’amitié est loin derrière. Pour une fois, on aurait aimé que le prince charmant laisse tomber la princesse pour retrouver un ami qui malgré ses défauts et erreurs est tout de même celui qui le premier l’a regardé droit dans les yeux.
Le délire du titre s’illustre dans une première période tendance underground mais dans la suite, le délire prend une autre forme. L’immersion dans le métier de paria des paparazzi tourne à la résignation face à la perte de l’amitié. Et une dernière photo ne saurait réconcilier le spectateur avec le film. On ne suit pas toujours le délire de certains auteurs.
Marine Bedaux
Critiques : Delirious -
Metro

" (…) La société du spectacle en prend pour son grade dans cette comédie aussi subtile que délirante. "
(Article entier disponible dans Metro du 04/07/2007)
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CinéLive

" (…) Tom Dicillo réalise une épatante comédie, satire de la célébrité et du paraître (…) "
Marc Toullec (article entier disponible dans Cinélive n°114, page 36)
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Le Journal du Dimanche

" Avec le même ton mordant et cynique que Ca tourne à Manhattan, Tom Dicillo épingle l’univers délirant du star-system (…)."
Barbara Théate (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 01/07/2007)
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Elle

" Conte de fées classique, Delirious fonctionne sur le principe éprouvé de l’histoire d’amour entre un prince et une bergère. (…). Avec cette comédie réussie, Tom Dicillo retrouve la grâce de Ca Tourne à Manhattan. "
Michel Pelmieri (article entier disponible dans Elle n°3209, page 21)
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Les Inrocks

" Comédie aigre-douce, Delirious joue finement les équilibristes sur un fil tendu entre clichés et réalité, sans jamais tomber ni dans le cynisme moralisateur, ni dans une légèreté simpliste."
Amélie Dubois (article entier disponible dans Les Inrocks n°605, page 50)
Note d’intention du réalisateur, Tom DiCilloNotre monde est de plus en plus fasciné par la célébrité et le show business, et je suis moi-même de plus en plus fasciné par cette fascination. C’est le point de départ de Delirious. Je n’ai pas voulu faire un film sur la célébrité ni sur le monde du spectacle. J’ai choisi cet univers comme toile de fond pour décrire une histoire qui parle des fragilités et des émotions du monde d’aujourd’hui. Partout où je pose mon regard, je vois une schizophrénie incroyable ; d’un côté des personnes « importantes » et de l’autre, des personnes jugées « sans grande valeur ». Tout le monde semble aspirer à la célébrité tout en ayant, le plus souvent, une piètre opinion de soi. La célébrité, c’est l’estime suprême venant du monde extérieur. Notes de production13 Novembre 2005, New York. 4h30 du matin, premier jour de tournage. Tom Dicillo est debout, seul dans la rue noire, attendant que le soleil se lève. Il a écrit le scénario quatre ans auparavant. Lorsqu’on lui demande ce qui a pris si longtemps pour passer du papier à l’écran, DiCillo finit sa cinquième bière de la matinée et casse la bouteille sur le crâne du journaliste. Plus tard, à l’hôpital pendant que l’on soigne le journaliste, DiCillo s’ouvre un peu. « Financer un film indépendant c’est sauter par-dessus le bord au milieu de l’océan. Tout ce que vous pouvez faire, c’est nager en espérant que vous allez toucher terre ou apercevoir un bateau avant que les requins ne vous attrapent. » Steve Buscemi : Paparazzo new-yorkais Steve Buscemi jure qu’il n’attaque pas les paparazzi mais qu’il cherche à s’identifier à eux. Pour se préparer, il est même devenu un pro de la photo clandestine le temps d’une nuit. « J’ai appris à tenir un appareil et quel objectif utiliser, » dit-il, allongé sur un canapé en cuir, en gilet noir, dans un studio de photo du Village. « Puis je suis sorti. » Sa première mission : le défilé de lingerie de Victoria’s Secret. « Je me suis retrouvé à porter ce déguisement vraiment ridicule : une mauvaise perruque et un béret. J’ai mis un oreiller sous ma chemise. Je me suis fourré des mouchoirs dans la bouche. » C’est ainsi qu’un Steve Buscemi gros, joufflu, et vaguement français balança un appareil autour de son cou et commença à espionner les modèles de lingerie. |
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