Dernier jour de compétition avec deux très bons films au programme !

Dernier jour de compétition avec deux très bons films au programme !
Dernier jour de compétition avec deux très bons films au programme : Le Labyrinthe De Pan de Guillermo Del Toro & Buenos Aires 1977 de Israel Adrian Caetano... (27/05/06)

Résumé du film Dernier jour de compétition avec deux très bons films au programme !

Dernier jour de compétition avec deux très bons films au programme : Le Labyrinthe De Pan de Guillermo Del Toro & Buenos Aires 1977 de Israel Adrian Caetano... Deux longs-métrages latinos qui pourraient bien venir boulverser tous les pronostics de palmarès !

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Le Labyrinthe de Pan, impressions cannoises...

Comme souvent à Cannes, certains des films les plus inattendus (et souvent les meilleurs) arrivent en fin de parcours. En témoigne ce Labyrinthe De Pan du réalisateur mexicain Guillermo Del Toro déjà auteur de Cronos, L’échine Du Diable ou encore Blade 2. Ce film se passe à la fin de la seconde guerre mondiale et raconte l’histoire d’Ofélia, une petite fille qui va découvrir un étrange univers en traversant un labyrinthe dans sa maison.
Guillermo Del Toro, avec son univers à part, peuplé de créatures bizarres, nous offre sa version d’Alice au pays de Merveilles, évidemment à sa sauce cela donne quelque chose de totalement inédit. Il est aidé en cela par la superbe photographie de Guillermo Navarro et sans doute par la plus belle musique de film de ce festival. On est très proche de l’univers féérique de Tim Burton, mais en bien plus sombre. Le film mélange réalité (la guerre) et imaginaire. On y retrouve Sergi Lopez époustouflant dans un rôle à contre-emploi loin d’être un ami qui vous veut des marches.
Ce film produit par Alfonso Cuaron témoigne à nouveau, après Babel de son ami Inárritu (également en compétition), d’une nouvelle vague du cinéma sud américain. Le Labyrinthe De Pan, véritable enchantement de la sélection du festival tant pour les yeux que pour les oreilles s’impose comme le plus beau. Quel prix sera en mesure de récompenser une telle beauté ?

Rencontre avec l'équipe du Labyrinthe de Pan

A l’occasion de la présentation à Cannes, de son nouveau film Le Labyrinthe De Pan, le réalisateur Guillermo Del Toro était venu avec toute son équipe (notamment le réalisateur Alfonso Cuaron, producteur du film) nous expliquer comment faire un conte de fée mexicain.

Guillermo Del Toro n’hésite pas à dire d’emblée « C’est le film qui me tient le plus à coeur. Je m’étais approché de ce que je voulais faire avec L’échine du diable mais je crois qu’avec Le labyrinthe de Pan, j’ai réussi à faire ce qui correspondait le plus possible à ma vision. »
Alfonso Cuaron n’hésite pas à poursuivre : « Même si je suis l’un des producteurs, je peux vous dire qu’il a fait 90% de mon travail. Moi j’ai eu le plaisir de voir les rushs et de discuter avec Guillermo sur le montage ». Les réalisateurs Alfonso Cuaron, Guillermo Del Toro et Innaritu sont des amis et font partie d’une nouvelle vague, ils s’entraident mutuellement. « Nous nous montrons nos films en cours, on peut passer des nuits entières à manger des pizzas et à commenter. » s’exclame en rigolant Guillermo Del Toro. Il poursuit « Il m’avait dit qu’il fallait que je coupe un peu de mon film, ce que j’ai fait. Tout comme j’avais conseillé à Innaritu d’enlever 15 minutes de Babel ce qu’il a fait. »
Le film est d’une puissance visuelle impressionnante, Guillermo Del Toro avoue s’être inspiré de peintres espagnoles. « Les angoisses des tableaux de Goya m’ont servi. »
C’est assez étonnant que lui en tant que Mexicain ait tendance à faire des films se déroulant en Espagne et à la période de Franco. « En fait, le Mexique est très lié à la guerre civile. Tous les critiques de Cinéma espagnols sont venus se réfugier pendant la guerre et j’ai eu la chance de les rencontrer. Et depuis l’Espagne représente quelque chose de magique pour moi. La guerre est déjà quelque chose de terrible mais la guerre civile est horrible. Vous pouvez être amené à tuer votre frère »

Il se trouve que Sergi Lopez, (bien plus antipathique que dans Harry un ami qui vous veut du bien) qui a accepté de jouer le méchant de service. « Les enfants préfèrent en général jouer les méchants. C’est toujours plus facile de jouer le grand méchant loup que le chaperon rouge. Je savais que j’allais jouer un rôle horrible mais si ça permettait de faire fonctionner le film, j’étais prêt à le faire. »
Guillermo Del Toro termine par ces propos : « Les images les plus marquantes que j’ai viennent du cinéma fantastique. Le fantastique est bien plus reconnu dans la peinture que dans le cinéma. On distingue même le cinéma de qualité du cinéma fantastique. Personnellement, je me fiche pas mal du cinéma qui me parle des relations sexuelles de mes voisins »

Buenos Aires 1977, impressions cannoises...

Voici (enfin) le coup de poing inattendu du festival de Cannes 2006, Buenos Aires 1977. Tiré d’une histoire vraie, le film nous montre Claudio, un jeune gardien de but qui se retrouve enfermé des jours et des jours, des semaines et des semaines, des mois et des mois, dans « la maison Seré » où des militaires argentins détiennent et torturent les personnes soupçonnées d’être des terroristes pour qu’elles avouent. Accrochez-vous ! On se retrouve comme les prisonniers, embarqués deux heures durant dans cette maison glauque où l’inhumanité règne.
Le résumé peut faire penser à Cube ou Hostel, avec une accroche « des personnes se retrouvent prisonnières ». Il n’en est rien, nous ne sommes pas dans un film de genre nous sommes bien dans la réalité. Rien ne nous est épargné et ce d’une manière assez inédite au cinéma. Cette horreur est captée par la réalisation qu’il faut saluer et qui est vraiment magistrale. Le réalisateur argentin Israel Adrian Caetano, plutôt que de nous faire une mise en scène réaliste comme on en voit à la pelle pour mieux capter la réalité, se permet d’utiliser des cadrages (certains même empruntés aux films d’horreur), des mouvements de caméra totalement inédits, de se jouer du hors champs pour qu’on perçoive l’horreur. Il se permet aussi de se jouer aussi des sons. Mais cette réalisation n’est à aucun moment tape à l’oeil. Les acteurs aussi sont fantastiques et arrivent à faire sortir un brin d’humanité dans cette maison de l’horreur.
Buenos Aires 1977 est un film dont on ne sort pas indemne, qui prend aux tripes, auquel on s’accroche et qui nous hante longtemps après la projection... Il mérite le prix spécial du jury !

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Matthieu Perrin (Cannes, le 27 mai 2006)

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