SYNOPSIS :
La Terre, il y a 65 millions d'années…
Une colonie de lémuriens menant une existence paisible sur une île paradisiaque découvre par hasard un œuf de dinosaure. Lorsque la coquille se fissure, c'est un petit iguanodon qui en sort… Les lémuriens le recueillent et le baptisent Aladar.
Aladar grandit, heureux, au milieu de sa famille adoptive, jusqu'au jour où, dans un cataclysme de fin du monde, une météorite détruit leur île et les contraint à l'exil vers des régions aussi inconnues qu’inhospitalières. Chemin faisant, ils trouvent refuge auprès d'un groupe de dinosaures errant à la recherche de la Terre des Nids. Affaiblie par le manque de nourriture et d'eau, menacée par les terrifiants carnataures, la troupe affronte sans cesse de nouveaux dangers.
Très vite, Aladar se heurte à Kron, l'impitoyable chef, et à son lieutenant Bruton, peu soucieux de la vie des plus faibles d'entre eux. Neera, la sœur de Kron, comprenant que le salut de tous passe par l'entraide et l'évolution, se range bientôt aux côtés d'Aladar. Face aux règles désuètes, face au danger, Aladar devra prouver qu'il a raison. La survie de tous en dépend…
NOTES DE PRODUCTION :
DINOSAURE marque une nouvelle étape dans l'élaboration des effets visuels au cinéma. Le spectateur se trouve plongé comme jamais auparavant dans un monde préhistorique plus vrai que nature, recréé grâce à des prises de vues réelles traitées numériquement et à des personnages entièrement générés par image de synthèse. Avec plus de 1300 plans à effets sophistiqués, cette époustouflante vision cinématographique est l'une des plus ambitieuses et des plus complexes à ce jour.
La séquence d'ouverture durant laquelle la caméra navigue et se mêle à une colonie de milliers de dinosaures offre une bonne idée de l'ampleur que permet un tel système… Le film montre une trentaine d'espèces préhistoriques, depuis le lézard volant de 30 centimètres de long jusqu'au brachiosaure mesurant près de 40 mètres pour une centaine de tonnes… Des effets qui ne sont pourtant là que pour servir une histoire, un conte sur le courage, l'amitié, l'espoir et la faculté d'adaptation, dont le héros est un iguanodon nommé Aladar.
Aussi poussées soient-elles, les prouesses technologiques de DINOSAURE n'ont qu'une ambition : faire rêver ceux qui vont les découvrir.
UN STUDIO REVOLUTIONNAIRE
Pour parvenir au niveau d'exigence de ce projet d'ampleur et s'imposer comme un acteur majeur dans le domaine de l'infographie, Disney a créé un tout nouveau studio dédié à l'imagerie numérique. Durant quatre ans, la production a mis en place une structure avant-gardiste qui, pour ses débuts dans le long métrage, s'est attelée à une véritable gageure. A la fin de la production de ce film pionnier, le studio numérique a fusionné avec Dream Quest (le studio d'effets spéciaux visuels de Disney maintes fois primés), pour former une nouvelle entité, The Secret Lab (TSL). TSL a conçu et réalisé les effets visuels de nombreux films tels que MISSION TO MARS, 102 DALMATIENS ou 60 SECONDES CHRONO.
DINOSAURE a nécessité plus de trois millions d'heures de traitement de données. La totalité des éléments qui constituent le film occupent 45 teraoctets de disque dur (l'équivalent de 45 millions de mégaoctets) ou 70 000 CD-ROMs comprenant 100 millions de fichiers individuels. Le centre de calcul et de rendu du Studio regroupe en réseau 250 logiciels spécialisés et 300 logiciels de bureau organisés en station de travail individuelles. En moyenne, 30 000 heures de traitement et de calcul par semaine ont été consacrées au rendu et à la création d'images composites du film avec une capacité maximale de 60 000 heures de traitement.
Les programmeurs travaillant sur les logiciels spécifiques de DINOSAURE ont écrit 70 000 lignes de code qui se traduisent par approximativement 11700 pages de texte ou une encyclopédie en 25 volumes de 468 pages chacun…
Thomas Schumacher, président de Walt Disney Feature Animation, note : " Les dinosaures ont toujours fasciné, et ce film leur est presque entièrement dédié. Le spectateur est immergé dans leur monde. Pour la première fois, ils ne sont pas dépeints comme des monstres : ils pensent, éprouvent des sentiments, se protègent les uns les autres. DINOSAURE n'aurait pas pu voir le jour auparavant. "
Il poursuit : " Nous aurions bien sûr pu faire appel à d'autres techniques, mais rien ne réussit aussi bien à rendre la cohérence de leur monde que la combinaison de personnages créés par infographie avec des décors filmés en prises de vues réelles et des effets sophistiqués. Lorsque les dinosaures courent, ils soulèvent de la poussière ; ils ont des ombres et interagissent avec l'eau. Grâce à notre studio numérique, nous avons eu la capacité de créer des personnages vivants, qui respirent, dans un environnement réaliste, avec toute la gamme des expressions faciales dont nous avions besoin pour raconter notre histoire. "
Pour renforcer le réalisme du film, deux équipes de tournage en prises de vues réelles ont parcouru le monde pendant un an et demi pour filmer les décors de cette histoire semblable à une fable, qui combine des faits scientifiques avec la grande tradition de conteur d'histoires que perpétuent les studios Disney. Une caméra informatisée surnommée la "Dino-cam" a été utilisée sur certaines prises complexes pour rendre le point du vue des dinosaures et offrir aux cinéastes la précision qu'ils désiraient apporter aux personnages et aux effets. Ensuite, à Burbank, des experts en infographie ont retravaillé le style et la composition des images des prises de vues réelles pour les unir aux dinosaures et aux mammifères primitifs générés par informatique.
De nouvelles avancées sur le plan de la représentation de la peau et de la musculature ont contribué au réalisme des animaux, qui semblent vivants comme jamais auparavant, et ont conféré une véritable crédibilité à leurs mouvements et à leurs actions.
Même si DINOSAURE s'éloigne intentionnellement des faits scientifiques par certains aspects de la narration, les cinéastes se sont tournés vers quelques-unes des plus hautes autorités du monde de la paléontologie, passant un temps considérable à affiner les principaux personnages pour obtenir un degré élevé d'authenticité et de précision dans la représentation et le mouvement des dinosaures.
DES PAYSAGES PLUS VRAIS QUE NATURE
Lors de la séquence d'ouverture du film, l'œuf qui contient Aladar est emporté depuis son nid par les moyens les plus divers et les plus périlleux. L'action débute dans les marécages de Floride, se poursuit à travers les eaux et les plaines du Venezuela et aboutit au large des côtes australiennes. On voit les décors hawaïens lorsque l'œuf tombe sur l'île. La scène se termine sur l'île des lémuriens, dans des décors tournés en majeure partie au Los Angeles County Arboretum…
Afin de créer les vastes paysages préhistoriques de DINOSAURE, les cinéastes ont tourné dans plusieurs régions du monde, puis ont lié tous ces lieux de façon invisible pour créer un environnement unique. Tourner les décors naturels pris un an et demi et nécessita deux équipes de tournage, une principale et une "outre-mer".
Le superviseur des effets visuels, Neil Krepela, vétéran de ILM et de Boss Films, a géré cette étape cruciale de la production : " L'une de mes premières tâches a été d'aider à marier les prises de vues réelles et l'animation. Le groupe responsable de l'animation n'avait jamais vraiment eu affaire avec des prises de vues naturelles, alors qu'en matière d'effets visuels, nous utilisons l'animation constamment. "
Il poursuit : " Nous nous sommes donné pour mission de créer un environnement riche et surprenant, qui soit davantage qu'un simple fond où évoluent nos personnages. Il fallait donner envie au spectateur d'aller sur place, de voir et de revoir ces lieux. Parfois, nous avons entièrement fabriqué des décors qui correspondaient parfaitement à nos besoins. Certains n'étaient pas intéressants sous leur forme naturelle, mais le sont devenus lorsqu'on y a jouté des ciels, des couleurs, des effets et des personnages… Tous ces décors sont devenus un personnage à part entière du film. La planète est en pleine évolution, elle commence à être luxuriante puis subit une dévastation apocalyptique, avant de retrouver sa luxuriance. "
Dans pratiquement chaque image du film, les décors naturels ont été modifiés ou réorganisés par informatique pour obtenir les meilleurs effets dramatiques. Le ciel a été remplacé pour permettre un meilleur contrôle de la lumière. En fait, seules deux scènes du film ont conservé leur véritable ciel… Des décors virtuels ont également été créés avec des éléments – rochers, végétation, etc. – empruntés à des scènes complètement différentes, ou conçus entièrement et insérés pour obtenir les effets désirés. Des ombres ont été ajoutées pour donner toute leur cohérence aux scènes.
Pour filmer les décors qui semblent tout droits venus de la préhistoire, l'équipe principale a tourné aux Etats-Unis, en Floride, à Hawaï dans des jardins botaniques ainsi que sur Big Island,
Maui et Kauai, et a passé plusieurs mois dans le désert Mojave en Californie, dans les régions de Ridgecrest et de Trona. La seconde petite équipe s'est rendue à Port Campbell en Australie, à Wadi Rum en Jordanie, à Canaima au Venezuela, et sur les Samoa occidentales (îles au large de l'est australien). Les prises de vues naturelles du film ont été tournées avec des caméras Vista Vision équipées d'objectifs Leica. Ces caméras, devenues une référence pour les effets visuels, ont été mises au point dans les années 50 pour offrir un format large aux cinéastes.
Pour ajouter encore de la crédibilité à l'action, Neil Krepela et l'équipe des effets visuels ont inséré des prises de vues réelles d'éclaboussures, de nuages de poussière, d'explosions et d'autres effets mécaniques sur fond noir aux Disney Studios. Un cache a ensuite été créé pour pouvoir numériser et introduire ces effets dans les plans aux côtés des personnages et des décors. Les effets pyrotechniques simulant les explosions des météorites ont été filmés sous formes d'effets réels au Golden Oak Ranch Disney au nord de Los Angeles et sur un plateau de Burbank.
Les scènes où Baylene et Aladar ont utilisé leurs pieds pour faire sortir l'eau du sol ont été filmées selon les mêmes techniques sur les plateaux d'inserts. De la poussière provenant des vrais décors a été apportée au studio et des maquettes de dinosaures à l'échelle _ ont été construites spécialement. Lorsque le pied se posait sur le sol, des pompes faisaient remonter l'eau dans le trou de l'empreinte. Plus tard, ce pied a été supprimé au rotoscope et remplacé par une image infographique.
L'ANIMATION DES PERSONNAGES
Avec douze personnages principaux et plus de trente espèces différentes, les créateurs de DINOSAURE avaient devant eux un travail d'envergure. Le département Développement visuel a créé le design des personnages ; l'équipe de modélisation a élaboré les modèles et instauré les points de contrôle d'animation ; puis les animateurs se sont chargés de faire vivre les personnages.
Modéliser les personnages sur ordinateur a nécessité une collaboration très étroite entre les équipes techniques et les animateurs. Les directeurs techniques chargés du mouvement ont élaboré les outils et les contrôles voulus par les animateurs pour leur "interprétation". Grâce à 151 points de contrôle différents, Kron bénéficie du plus grand nombre d'expressions et Baylene, l'immense femelle dinosaure, possède le plus grand nombre d'os et de contrôles d'animation.
L'une des premières préoccupations des réalisateurs Ralph Zondag et
Eric Leighton a été de générer des créatures préhistoriques qui sembleraient naturelles et crédibles. Sean Phillips, superviseur du développement des modèles, et son équipe ont donc joué un rôle clé dans la création de personnages ayant les caractéristiques et le comportement attendus de créatures aussi gigantesques.
L'ajout de musculature et de peau aux animations des squelettes a été un facteur majeur dans la naissance des personnages. En étroite collaboration avec les animateurs, l'animation secondaire de la saillie des muscles sous la peau et de l'agencement des muscles dans la rotation des articulations a renforcé le niveau de crédibilité et a apporté une certaine sensibilité organique. L'approche nouvelle de l'enveloppement des squelettes et des muscles sous la peau s'est révélée une innovation sur ce film. Les techniciens ont réussi a assouplir la peau dans des régions précises des corps pour donner l'apparence de plis, de rides, voire même une certaine forme de souplesse.
Avec des êtres pesant entre 3 et 100 tonnes, la notion de poids et d'inertie était cruciale. Le département modélisation a analysé la façon dont les pieds des éléphants se comportaient lorsqu'ils frappaient le sol. Non seulement une onde de mouvement parcourt la patte de bas en haut et vice-versa, mais il se produit aussi un mouvement de rotation de tout le membre. L'équipe a donc mis au point pour les animateurs des contrôles paramétrés qui permettaient de faire pivoter l'os sur son axe et de créer de petits mouvements de torsion qui donneraient la notion d'inertie. Ce phénomène est particulièrement perceptible chez Baylene.
Parallèlement, la fourrure des lémuriens a été l'un des défis majeurs posés aux directeurs techniques modélisation et mouvement. Pour les quatre animaux à fourrure principaux, l'équipe des effets infographiques a passé un an à perfectionner de nouvelles façons de représenter différentes longueurs de poils, à les faire réagir au vent, à la poussière, à l'eau… L'innovation a consisté à trouver une façon d'animer la fourrure qui fonctionnerait pour plusieurs personnages différents et qui serait suffisamment adaptable pour couvrir une grande variété de situations.
Enfin, les avancées technologiques mises au point pour la fourrure des lémuriens se révélèrent avoir d'autres applications là où on ne les attendrait pas forcément : " Nous avions à réaliser des scènes où les dinosaures traversaient les herbes et les faisaient se coucher ", se souvient l'un des animateurs. " Il était question de tourner de l'herbe au naturel, de l'écraser par des procédés mécaniques. Nous avons préféré utiliser notre outil à fourrure pour créer une vaste surface d'herbe mouvante, qui peut ainsi réagir à chaque empreinte en se couchant puis en se relevant lentement après le passage de l'animal. Nous avons mis au point sept types d'herbe différents pour cette scène. "
FICHE ARTISTIQUE (avec les voix de) :
Zini :
Jamel Debbouze
Aladar :
Bruno Choel
Plio :
Micky Sebastian
Yar :
Med Hondo
Suri :
Marie Sambourg
Kron :
Richard Darbois
Neera : Ninou FRATELLINI
Bruton :
Marc Alfos
Baylene : Lily BARON
Eema : Perette PRADIER
FICHE TECHNIQUE :
Réalisateurs : Ralph ZONDAG,
Eric Leighton
Productrice : Pam MARSDEN
Scénaristes : John HARRISON,
Robert Nelson Jacobs
D'après un scénario original de : Walon GREEN
Création des décors : Walter P. MARTISHIUS
Superviseur des effets visuels : Neil KREPELA
Musique :
James Newton Howard
Titre original : " Dinosaur "
Ralph ZONDAG (Réalisateur) :
Ralph Zondag est entré chez Walt Disney Feature Animation en 1993 comme conseiller au scénario sur POCAHONTAS : UNE LEGENDE INDIENNE. Auparavant, il avait commencé par travailler sur des projets d'animation pour la télévision avant de faire ses débuts d'animateur avec FIEVEL ET LE NOUVEAU MONDE en 1986. Il s'est ensuite établi à Dublin pendant quatre ans pour être animateur de longs métrages et de films publicitaires pour Don Bluth, notamment sur CHARLIE et ROCK-O-RICO. Ralph Zondag et son frère Dick se sont par la suite installés à Londres pour co-réaliser en 1993 le long-métrage LES QUATRE DINOSAURES ET LE CIRQUE MAGIQUE.
Eric Leighton (Réalisateur) :
Nommé à l'Oscar 1994 pour sa contribution aux effets visuels de L'ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK d'Henry Selick,
Eric Leighton fait ici ses débuts de réalisateur sur un long métrage après avoir poursuivi une carrière prestigieuse : il est l'un des meilleurs animateurs en image par image de l'industrie cinématographique. Né à San Diego en Californie, il a commencé par faire ses propres films d’animation à 10 ans avec une caméra super 8 utilisée image par image. Après des études de cinéma et d’animation à la San Francisco State University, il a travaillé chez Colossal Films où il a supervisé une trentaine de publicités. Il a par ailleurs collaboré à ROBOCOP II et a travaillé chez ILM.