Sur le papier, tout semble parfait : Une idée de départ plutôt originale et sympathique - un type dont la vie devient idyllique du jour au lendemain, sans aucune explication rationnelle -, un comédien talentueux et unique pour incarner ce personnage -
Benoît Poelvoorde -, et un réalisateur ayant déjà prouvé plusieurs fois ses talents -
Philippe Le Guay (
L'Annee Juliette,
Trois Huit).
Dans la salle, tout semble parfait : le film commence… plutôt bien ! On découvre ce personnage sympathique et (très) malchanceux, et l'on compatit à 100% à ses malheurs. Et puis patatra, du jour au lendemain, sa vie qui semblait si morose et tristounette devient parfaite… Trop parfaite. Et si finalement il préférait sa vie d'avant ? Moins lisse et moins impeccable. Et si finalement nous aussi, nous préférions le film avant ? En effet, tout comme Berthier qui aimait bien sa vie « du lundi », nous aussi, on l'aimait bien ce personnage malheureux. La très bonne idée retombe donc assez vite et l'on se lasse finalement de sa vie trop parfaite. Mais c'est aussi peut être là que tient toute la réussite du film : le spectateur voudrait également revenir au lundi, là où notre François Berthier aurait presque pu s'appeler François Pignon.
Au-delà de cette faiblesse scénaristique, le film tient la route grâce aux diverses situations auxquelles est confronté le personnage de Poelvoorde. Le spectateur s'identifie en effet très vite aux problèmes rencontrés par Berthier et se prend du coup d'amitié pour lui, ne souhaitant qu'une chose, son bonheur, le vrai ! Un attachement dû sûrement en grande partie à la prestation de
Benoît Poelvoorde, qui se livre ici à une sorte de one-man-show assez sensationnel.
Et si ce film risque bien d'être une « énième comédie française » qui fera les joies de nos soirées télé d'hiver, et ne vous laissera pas un souvenir impérissable, il a le mérite de ne pas laisser le spectateur totalement indifférent. Et oui, en sortant de la salle, on se demande nous aussi ce que l'on ferait
« si tout basculait, comme ça, du jour au lendemain… »
Alors, 1h30 avec un Poelvoorde toujours au top, et une bonne petite discussion entre potes en sortant, pourquoi s'en priver ?
Amélie Chauvet