L’ « aura » est le moment de flottement et de totale confusion mentale précédent une crise d’épilepsie. En racontant l’histoire de ce taxidermiste socialement absent, assassin malgré lui et braqueur amateur, le film de
Fabian Bielinsky est à l’image de cette définition : confus.
Les premières minutes d’
El aura sont pourtant prometteuses : la scène du braquage mentalement reconstitué semble en effet annoncer un film audacieux et visuellement ambitieux. Peut-être un peu trop ambitieux. Car c’est là que le bât blesse. N’arrivant jamais vraiment à se décider entre film de genre (polar) et expérience visuelle,
El Aura devient un film flottant, un peu longuet, dans lequel le spectateur perd une bonne partie de ses repères.
Restent toutefois un montage ingénieux (notamment pour les
flashbacks), une photo magnifique et surtout les yeux d’un
Ricardo Darin tout en intériorité.
Eléonore Guerra