Pourquoi ne pas aller voir EN BONNE COMPAGNIE en solitaire ? Tout simplement pour avoir une épaule pour s'appuyer ou carrément poser sa tête en cas d'émerveillement ou de somnolence involontaire…
American Pie avait un goût acide,
Pour Un Garcon déjà beaucoup moins acidulé - ici
Paul Weitz a carrément plongé son film dans de la guimauve bien rose. Car avec cette histoire d'amour entre une jeune étudiante et le tout nouveau et très jeune patron de son père, et les quiproquos qui en résultent, on flirte avec la jolie mièvrerie et les séries télé du genre « Touche pas à mes filles ! ». Une maman enceinte, une ado émancipée et amoureuse, un jeunot proclamé patron et totalement perdu dans cette vie qui ne lui correspond pas, et surtout un papa poule jaloux à qui l'on ne va pas apprendre à faire la grimace… Les personnages sentent bon le stéréotype, mais les acteurs, qui jouent la carte de la caricature, s'en sortent plutôt bien. En plus de cette petite histoire de cœur, le film s'attaque doucement au système hiérarchique des entreprises, au licenciement abusif, au résultat à tout prix, aux valeurs toutes prêtes récitées par un grand dirigeant vénéré par tous tel un gourou déjanté, mais reste trop en surface des choses pour réellement changer les choses. Mais finalement, ce film a-t-il la prétention de modifier le cours de l'Histoire ? Et bien, non, et c'est bien là son plus grand atout : EN BONNE COMPAGNIE ne fait de mal à personne, se prend, se regarde, et s'oublie, mais fait sourire pendant deux heures. Et c'est déjà pas si mal ! Une bluette sympathique, parfois un poil longuette, mais toujours agréable, sauvée par le talent de ces acteurs,
Dennis Quaid en tête. A conseiller pour les longues soirées entre copines ou le dimanche soir à la télévision !
Aurélie Maulard