Ne vous méprenez pas, le film n’a aucun lien avec Friedrich Nietzsche. Entre les deux hommes, leur unique point commun réside simplement dans leurs noms ! Au-delà, tout les sépare. L’un est philosophe, l’autre un jeune cinéaste qui ne rêve qu’une chose : entrer dans une école de cinéma danoise.
Dix ans après son premier film, Jacob Thusen réalise son sixième long-métrage.
Cette comédie dramatique dénonce, subtilement, le système des écoles de cinéma à la fois méprisable et attachant à travers le parcours d’un jeune cinéaste. Dans les années 70, Erik Nietzsche est un jeune homme timide convaincu qu’il est fait pour devenir réalisateur. Se passionnant pour la nature, plus particulièrement les feuilles d’arbres, son avenir n’intéresse personne. Pas même les écoles de cinéma qui lui trouve un côté ringard, pathétique et ridicule. C’est donc avec une certaine appréhension mais aussi une certaine détermination que le jeune homme se présente aux écoles. Malgré toutes les réticences face à lui et avec un sacré coup de hasard, il finit par être admis à l’Ecole Danoise du cinéma devant la stupéfaction des professeurs ! Il découvre alors un monde, loin de tout ce qu’il avait imaginé : des enseignants frustrés et peu pédagogues, des règles non écrites… Bref, il va devoir s’adapter afin de mettre en harmonie sa vision du monde avec la réalité qui l’entoure.
Erik Nietzsche, mes années de jeunesse est un film sur l’espoir, la passion, la persévérance. Pendant une heure et demie, le spectateur se plonge dans l’univers déluré de ce jeune homme qui essaye de comprendre les règles pour devenir un cinéaste respecté. L’interprétation de
Jonatan Spang (Erik Nietzsche) en est énigmatique. Juste, tout en retenue, il sait nous toucher avec sa propre sensibilité. Au fil des minutes, il en devient même attachant. Le public pourra vite se reconnaître dans ce personnage atypique. Sûr de devenir cinéaste, et malgré les découragements de son entourage, Erik Nietzsche persévère et réalise son rêve.
Autre force de ce film,
Lars Von Trier. Scénariste, il fait également la voix-off. Le spectateur ne peut s’empêcher alors de faire un rapprochement entre ce réalisateur danois et le jeune Erik Nietzsche. Le réalisateur de
Dogville a été diplômé de la Danish Film School en 1983 et est sans doute le réalisateur qui le plus contribué au renouveau du film danois. Mais au-delà de ces points communs, n’y voyez surtout pas une autobiographie de
Lars Von Trier !
Ce message, un peu simpliste, s’adresse à tous les jeunes cinéastes, les jeunes artistes qui se font marcher sur les pieds et qui se font rabaisser sans cesse : vivez vos rêves même les plus fous !
Laurène Guillaume