Le nouveau long-métrage de
Danièle Dubroux a de quoi interloquer. Par son titre d’abord, EROS THERAPIE, mais aussi et surtout par son casting, des plus alléchants :
Catherine Frot,
Isabelle Carré,
François Berléand,
Melvil Poupaud,
Julie Depardieu et
Jacques François. Le synopsis donne lui le ton (très) étrange du long-métrage, entre délire cinématographico-sexuel et problème d’hétéro-homosexualité…
Parler au cinéma du désir sexuel, de l’attirance hétéro & homosexuelle, des fantasmes cachés et de tout autres problèmes psycho-conjugaux-sexuels n’est pas forcément chose aisée. Beaucoup s'y attèlent et peu y réussissent. La difficulté première étant de trouver la touche d’originalité, de nouveauté, qui marquera le long-métrage et son public. Et de l’originalité, il y en a dans EROS THERAPIE, mais qui dévie malheureusement vers des délires peu compréhensifs. Le spectateur ne suit en effet que de très loin les déambulations de tout ce petit monde, allant de maisons en appartements, de partenaires en rencontres insolites, sans trop savoir où veut en venir la cinéaste… A trop vouloir développer un peu tous les personnages, on a du mal à s’y attacher et à se lier véritablement à leur histoire.
Le film recèle malgré tout de bonnes idées comme celle – visiblement tirée d’une expérience personnelle de la réalisatrice – où "David Cronenberg" appelle Catherine Hoffmann (
Isabelle Carré), critique de cinéma, pour lui faire lire son nouveau scénario, et la rencontre qui s’en suit… Mais, exceptés quelques beaux moments comme celui-ci ou la remarquable et malheureusement dernière apparition de
Jacques François, on reste trop en dehors du film pour pouvoir l’apprécier.
Amélie Chauvet