Trois ans après un premier film très remarqué parce que réussi et pertinent (
Human Nature),
Michel Gondry revient sur les écrans avec un second long-métrage tout aussi décalé et drôle. Il retrouve pour l’occasion le scénariste
Charlie Kaufman (
Dans La Peau De John Malkovich,
Confessions D'Un Homme Dangereux,
Adaptation) et nous propose une histoire sur l’être humain, tout aussi belle, tordue et originale que celle de
Human Nature.
Imaginez que l’on puisse effacer à loisir certaines personnes de votre mémoire – et vis et versa, que l’on puisse vous sortir totalement de la tête de quelqu’un, d’un(e) ex par exemple. Cette idée folle est le point de départ d’ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND (traduisez littéralement "Le soleil éternel de l’esprit irréprochable").
Temporellement discontinu, à l’image de la mémoire de Joel en cours de modification, et de celle de Clementine, déjà chamboulée, le scénario pourrait ne pas être crédible une seconde. Mais la finesse des dialogues, une mise en scène minutieuse et précise et un montage remarquable font de ce film une expérience insolite et pertinente. Si l’on peut reprocher à
Michel Gondry et
Charlie Kaufman quelques raccourcis scénaristiques sur la fin pour arriver au dénouement, celui-ci reste plausible et n’entache en rien la réussite du film.
Le charme fou des deux interprètes principaux –
Jim Carrey et
Kate Winslet –, associé à des acteurs seconds rôles tout aussi attrayants (
Kirsten Dunst,
Mark Ruffalo,
Elijah Wood et
Tom Wilkinson !) sont une qualité supplémentaire de cette œuvre atypique mais terriblement attachante.
Amélie Chauvet