Un couple d’exilés partent en Algérie pour « chercher des souvenirs », dixit Zano, comme dans une chanson de film. Pour accéder à leurs origines lointaines, leur parcours est semé d’arrêts dans le Sud de la France, à Séville, en Andalousie, au Maroc, jusqu’en Algérie.
Tony Gatlif, avec la même verve que ses précédents films profondément marquée par cette quête d’identité et ce besoin de revenir « aux sources », exploite comme un leitmotiv les thèmes de l’exil, des cultures, de la musique, des religions…
EXIL s’impose comme un long-métrage captivant dans ce qu’il offre et dans ce qu’il transmet par cette passion du voyage.
Une émotion grandissant à mesure de l’histoire, évoluant avec les retrouvailles de Naîma (
Lubna Azabal) et Zano (
Romain Duris) et de leur pays originel, l’Algérie.
Des cultures différentes, des rencontres, des couleurs, des lumières, des sensations, la musique. Il ne manque que l’odorat pour palper complètement cet univers, qui nous éveille un air de bohème, et nous ramène indéniablement au voyage, dans la nostalgie ou dans le rêve.
Un trouble partagé par la sincérité du propos, ressenti comme des cicatrices d’exilés, lié à la profondeur de
Tony Gatlif et de son passé. Et il y a toujours cette liberté, émanant de la musique magnifiant le voyage et les âmes blessées.
On reçoit EXIL comme un cadeau, pour la justesse de ses protagonistes sensuels, blessés mais pas déchirés, toujours (re)gagnés par le jeu de leurs corps et de leurs cœurs.
Récompensé au festival de Cannes par le prix de la mise en scène, EXIL a bien d’autres atouts. Outre celui de vous toucher, il vous emmènera, loin, très loin…
Nadège Fleury