Le Festival veut permettre au public lyonnais de découvrir des morceaux des réalités de ce qui a été vécu au Rwanda en 1994 et de ce qui s’y vit aujourd’hui. Pour cela, il mélangera les thèmes et les genres à travers un assortiment de films, de documentaires et de courts métrages issus aussi bien d’Europe, d’Amérique, que du Rwanda.
Sur le sujet de la difficulté à s’affranchir du passé, nous aurons l’honneur de présenter en avant première Munyurangabo, un très beau film sur la réconciliation et le pardon du jeune réalisateur américain d’origine coréenne Lee Isaac Chung. Ce film à été sélectionné à Cannes en 2007 dans la catégorie Un certain regard.
Le festival sera aussi l’occasion de remettre en lumière certains films qui n’ont pas eu l’écho qu’ils méritaient en France tels que Sometimes in April du réalisateur haïtien Raul Peck et le film du réalisateur Anglais
Michael Caton-jones, Shooting Dogs. Raul Peck donne à voir la complexité du génocide à travers le destin bouleversant de deux frères aux choix opposés. Shooting Dogs, pour sa part, aborde le rôle de l’ONU et les dilemmes d’un prêtre et de son jeune acolyte plongés au milieu du génocide et qui seront forcés à jauger l'intensité de leur foi, les limites de leur courage et, enfin, de faire un choix : rester auprès des leurs ou s'enfuir...
Pour creuser le travail des Nations Unies nous projetterons le film de
Roger Spottiswoode, J’ai serré la main du Diable, qui suit le général Roméo Dallaire, Commandant en chef des casques bleus de l’ONU pendant le génocide. Très vite un hiatus incommensurable se créé entre ce que Dallaire voit sur le terrain - des massacres qui prennent sans cesse de l’ampleur - et le silence radio au siège de l’ONU à New York à cette époque.
En tant que citoyens français il est aussi important pour nous de chercher à réellement interroger les ambiguïtés de l’Opération Turquoise menée par l’armée française à la fin du génocide. Cela se fera grâce à une soirée spéciale avec la projection du film d’
Alain Tasma Opération Turquoise, suivit d’un débat avec la présence exceptionnelle de Patrick de Saint Exupéry, longtemps grand reporter au Figaro, prix Albert Londres en 1991, co-fondateur et rédacteur en chef de la revue XXI et auteur de L’inavouable, la France au Rwanda, en 2004.
Deux documentaires viendront apporter leurs regards croisés pour mieux comprendre l’histoire qui mène au génocide, dans Tuez les Tous et la manière dont le théâtre peut être vécu comme une action cathartique pour les rescapés du génocide dans Rwanda, à travers nous l’humanité.
Enfin grâce au soutien du Centre National de Cinéma du Rwanda, qui organise chaque année le festival de films Hillywood Crossroads à Kigali, nous projetterons plusieurs courts métrages de jeunes réalisateurs rwandais qui parlent des défis, mais aussi des rêves et des espoirs de la vie aujourd’hui au Rwanda.