Attention, article sérieux, sur la critique radicale des médias! Potaches s'abstenir.
Résumé de l’intervention du journaliste éminent : la critique radicale des médias a été victime de son succès.
Si la critique radicale des médias comme l’a incarnée le Plan B s’est arrêtée, c’est à cause de la répétitivité de la tâche et du fait qu’à chaque fois de nouveaux faux impertinents se glissaient dans les dépouilles de ceux qui avaient été en quelque sorte mis à terre. Mais elle n’a pas été inutile. Ce qu’elle a mis en cause, depuis une quinzaine d’années, est assez largement disqualifié. Il y a des choses qui continuent encore mais pas avec le crédit qu’elles avaient auparavant. À chaque fois qu’il y a une campagne médiatique sur un thème quelconque, il y a des millions de gens qui s’interrogent désormais sur le traitement du sujet. La difficulté c’est que même la critique des médias a été récupérée par des émissions qui sont assez peu contestataires de l’ordre dominant, et qui, elles aussi, deviennent des produits de consommation. Il n’y a plus un seul journal important qui ne consacre des articles à critiquer tel ou tel traitement dans les médias, à donner la parole à des universitaires habituels qui sont toujours là pour formuler une critique assez peu subversive. Maintenant un discours médiatique génère automatiquement la critique du discours médiatique. Quant à savoir si cette critique médiatique va assez loin ou pas, c’est autre chose. Avant le discours médiatique, c’était la réalité. Les médias le disaient alors c’était largement vrai. Maintenant il y a beaucoup de gens qui se disent : qu’est-ce qu’il y a derrière ? On l’a vu en particulier en mai 2005, avec le référendum. Sans tout le travail critique des médias, la force du discours favorable au oui aurait été plus grande et peut-être que le résultat n’aurait pas été le même.