On aimerait tous avoir la vie de Jack Stanfield : une femme séduisante, deux enfants, une maison gigantesque et même un chien. Sans compter qu’on serait le concepteur surdoué d’un des pare-feux bancaires les plus sophistiqués des Etats-Unis. Bref, on coulerait une vie sympathique de cadre supérieur sans histoires. Mais que faire lorsqu’un bon matin, une bande de braqueurs - hackers
high tech décide de nous prendre en otage ?
Honnêtement, on aimerait tous pouvoir réagir comme
Harrison Ford, décidément très à l’aise (et très crédible) dans le rôle de l’homme fatigué, héros malgré lui. Sans cesse sur le fil (traqué, révolté, inquiet), Ford réussi à insuffler une psychologie subtile à un personnage pourtant peu folichon sur le papier. On ne peut d’ailleurs pas s’empêcher de repenser à son interprétation dans l’excellent
Le Fugitif. L’écho est assez flatteur pour le film de Loncraine, même s’il finit par le fragiliser,
Paul Bettany n’ayant pas (encore) la carrure d’un Tommy Lee Jones. Reste tout de même un duo d’acteurs étonnant : le vieux héros face à la jeune génération de méchants.
Servi par un casting certes parfois inégal, mais un scénario solide (un braquage bancaire virtuel d’une simplicité déconcertante et d’une crédibilité effrayante),
Firewall offre un vrai bon divertissement.
Richard Loncraine explore, avec efficacité, notre rapport masochiste avec la technologie, entre confiance aveugle et trouille de l’inconnu. Il joue si bien avec nos nerfs qu’on lui pardonnerait presque une fin quelque peu expédiée.
Eléonore Guerra