D’où vient ce désir d’être réalisateur de documentaires ? Quels sont les documentaires que vous avez réalisés avant Fix Me ?
La vie que je traverse a façonné ma personnalité. J’ai grandi dans un endroit et dans des conditions que les autorités et le système considèrent comme étant des lieux de “Non droit ". Je m’interroge donc sans cesse sur le sens de la vie. D’autre part, quand j’étais jeune, j’ai naturellement été attiré par les images, la danse, le théâtre, le bénévolat ou encore par la politique. Ces centres d’intérêts, mes interrogations sur le sens de la vie, ajoutés à mon désir ou “besoin " de m’exprimer, m’ont conduit, après un long parcours, à la réalisation... j’en suis heureux et j’ai de la chance. Je viens d’un pays où la culture du cinéma n’est pas développée, il n’y a pas d’école de cinéma, en fait il n’y a pas réellement encore de “pays ". J’ai abordé la réalisation en observant et en interrogeant la réalité qui m’entoure, c’est peut-être pour ça que ma narration se rapproche du documentaire. J’ai commencé ma carrière de réalisateur en m’impliquant dans les projets des autres et en produisant les films d’autres réalisateurs. Le premier documentaire que j’ai écrit et réalisé : Improvisation, est un film sur le conflit des générations au sein d’une famille de musiciens en Palestine. Le film raconte les rêves d’un jeune de 18 ans qui aimerait participer au projet musical de ses deux frères aînés.L’improvisation renvoie à la fois au type de musique que les trois frères jouent et à un mode de vie qui dévoile un peu mon rapport à l’art, au cinéma et à la vie.