Port-Royal et nous

Alors que la « consommation » historique, le désir d’Histoire semblent n’avoir jamais été aussi forts dans le grand public, j’ai pu constater depuis que je fomente ce projet « Sur la grâce » la pauvreté du corpus des documentaires historiques. Banc-titrage dramatisé, voix off péremptoire, illustration musicale fantaisiste, ce flux ininterrompu finit par former un tout anachronique qui, à mon sens en dit plus long sur le marché audiovisuel et sur la profonde difficulté du cinéma et de la télévision à s’approprier le récit historique, que sur les siècles précédents. Entre ronronnement muséal et fictions historicistes, un lieu est à inventer, un défi à relever. D’autant que mon expérience d’enseignant m’a permis de ressentir chez les étudiants un profond besoin de se resituer dans une perspective historique, besoin souvent contrecarré par l’avènement d’une gestion événementielle de l’histoire (centenaires, expos, etc.) qui leur en impose une perception lacunaire, séparée, et anachronique.