Entamé il y a quatre ans alors qu’elle n’était encore qu’une actrice débutante et méconnue,
Frankie est – en plus d’être le premier véritable film de
Diane Kruger – une performance à part. Pourtant fruit d’une longue gestation artistique (un tournage en pointillé étalé sur trois ans), cette fiction aux allures de documentaire sur les dessous du mannequinat offrait un regard aussi attendri sur l’héroïne blessée qu’acerbe sur le monde hostile que cette dernière fréquente.
Handicapé par une sortie en salles confidentielle, le travail de la réalisatrice (et de son actrice) sur les mécanismes de la souffrance et de la solitude avait néanmoins été salué par la critique.
Des années plus tard, voici enfin
Frankie dans votre salon dans un DVD lui aussi un peu trop discret.
Techniquement, la compression sur galette respecte la photo soignée - mais nerveuse – de
Fabienne Berthaud, rehaussant même presque les imperfections de la sortie salles. De ce côté-là, le cahier des charges est rempli. Cependant, face à tel projet, on file rapidement lorgner du côté des bonus. Ici, le résultat laisse mi-figue, mi-raisin.
Voilà un premier entretien croisé entre
Fabienne Berthaud et
Diane Kruger pendant lequel le voile est légèrement levé concernant la genèse du projet et les conditions de tournage. La rencontre est intéressante même si les rôles semblent décidemment inchangés entre les deux femmes : malgré le temps, la réalisatrice garde l’ascendant sur la comédienne.
Voici ensuite un petit ovni : « Frankie dans tous ses états ». Cela se voudrait un making of « libre », c’est finalement plus près de l’instantané de tournage que du témoignage explicatif ou analytique.
C’est pas mal, on ne le nie pas. Mais cette légèreté aérienne, troublante dans le film, nous laisse ici sur notre faim…
Eléonore Guerra