Eléonore, comment avez-vous découvert Gamines, le roman de Sylvie Testud ?
Eléonore Faucher : J’ai vu Sylvie qui en parlait à la télévision et ça m’a donné envie de le lire. Je voulais faire un film sur l’enfance, en ayant plus une envie d’atmosphère, d’images, de réalisation, que d’histoire, d’écriture. Et puis je venais de passer trois ans à essayer de monter le financement d’un film sur un scénario original, auquel je tiens beaucoup, sans y être parvenue, et je ne me voyais pas repartir sur une idée originale. Donc j’ai lu le roman de Sylvie et, alors qu’on n’a pas eu du tout la même vie, ni la même enfance, j’y ai trouvé cette atmosphère que je cherchais, j’y ai reconnu des choses : on avait le même côté garçon manqué, une figure paternelle forte pour des raisons différentes, le besoin de nous confronter à nos fantasmes.