Découvert au festival du Film de Sundance 2004, ce premier long-métrage du comédien
Zach Braff a fait l'effet d'un phénomène lors de sa sortie en salles aux Etats-Unis il y a plus d'un an. GARDEN STATE nous raconte le retour dans sa ville natale d'Andrew, 25 ans, après neuf années d'absence. Retour qui sera bouleversé par sa rencontre avec la jeune et jolie Sam, interprétée par une
Natalie Portman simple et touchante, loin de son rôle dans Star Wars.
GARDEN STATE tient visiblement à cette sorte de label qu'est devenu le « film américain indépendant à petit budget », et l'on en retrouve tous les codes : des jeunes, de la drogue, de l'alcool, un peu de dépression, d'errance, de mal-être dans cette société, et bien sûr des images chocs et une bande-son rock adéquate et percutante. Si la grande première moitié du film est remarquable, ponctuée de très belles scènes comme la soirée « breuvrie » chez le pote d'Andrew ou sa première visite chez la mère de Sam, le film s'étire un peu trop du côté romantique sur sa fin. En dépit de cette banalisation de la relation Sam/Andrew et d'une grande séquence-émotion finale, le spectateur reste accroché et ému jusqu'au bout. On doit d'ailleurs ces quelques larmes à la force de l'interprétation des deux comédiens principaux -
Natalie Portman donc et
Zach Braff lui-même -, et à une mise en scène à l'aspect très naturel mais pourtant des plus travaillée.
Les nombreuses impressions de « déjà-vu » et cette fin romantique sans grand intérêt scénariste font que GARDEN STATE ne restera pas dans les anales du 7ème Art. Ce film à l'histoire à la fois décalée et réaliste devrait néanmoins marquer une génération de spectateurs, 20-25 ans, qui y reconnaîtront un certain malaise, mais aussi une belle innocence et des sentiments parfois encore inavoués à cet âge.
Amélie Chauvet