Avec
The eye : l’au-delà, le troisième volet de la saga, les frères Pang ont eu l’oeil. Ils nous offrent une jolie palette, une sorte d’arc-en-ciel en mouvement. L’image au format académique (1.85) sur une pellicule de 35mm est impeccable. Malgré cette dominante, les jumeaux jouent avec différents formats, insérant ainsi des passages en caméra numérique. Ils réjouissent le spectateur dès la scène initiale. L’éclairage à la bougie, teintant la scène de nuances orangées, bascule vers les lumières agressives de néons d’un parc d’attraction. Le film explore ainsi différents types d’éclairages. On décèle également une variation de la pigmentation de l’image lors des changements de narration. Lorsque les cinq adolescents se racontent tour à tour une histoire effrayante, la lumière s’assombrit, et vire au noir et blanc.
Le rendu de l’image est magnifique, tout comme la scène d’appel des esprits où le pavé luit, des ombres se faufilent, et les fantômes s’approchent tel un souffle discret. Les esprits sont représentés avec simplicité. Ils n’en ont pas fait des tonnes côté effets spéciaux. Il y a juste ce qu’il faut pour bien flipper. De ce fait, ils se sont bien cassés la tête pour utiliser avec brio dix effets différents pour les dix méthodes. Côté son, les versions française (DTS et Dolby digital) et thaïlandaise (Dolby Digital) sont irréprochables, mais avouez que rien ne vaut une V.O..
Le menu est assez usuel, or les suppléments sont plutôt décevants. Ainsi le making of proposé explore les légendes thaïlandaises qui ont inspiré les créateurs. Oxide et
Danny Pang enchaînent alors en narrant les faits-divers qui les ont profondément marqués. Ils tournent un peu autour du pot en insistant sur leur parti pris censé être révolutionnaire : « faire peur de manière jouissive ». Ils en concluent que leur film permet un brassage de culture, une sorte de melting pot sans frontière. Par contre, on est amusé d’apprendre que l’un des frères croit fermement aux spectres et que pour l’autre ce n’est qu’un pur concept psychologique.
On regrette cependant que ce making of ne se penche pas assez sur le tournage et les interprètes. Ils ne sont qu’entraperçus, à la façon d’un clip. Les bonus présentent également les filmographies des frères Pang, une galerie photo qui n’est qu’une redite du film et quelques liens Internet commerciaux sans grand intérêt. On aurait aimé en avoir un chouia plus !
Lise Chavanne